2Fille du Roi. Elle arrive à Québec le 30 juillet 1668 par le navire "La Nouvelle France".
ENFANT NATUREL: (père Jean Paradis, fils de Pierre et Barbe Guyon): André baptisé le 23-3-1676 Pointe-aux-Trembles marié en 1697 à Marguerite Ménard
20Claude Damisé (vers 1648-1705)
Arrivée en 1668, elle est la fille de feu Étienne Damisé, chaudronnier, et de Geneviève Pioche. Née et baptisée vers 1648, Claude est originaire de la paroisse Saint-Nicolas-du Chardonnet, faubourg Saint-Victor à Paris. Au décès de leur père, Claude et son frère Jean ont été placés à la Pitié-Salpêtrière, hôpital qui accueille les orphelins. Geneviève Pioche se remarie avec Louis Chéron, aussi chaudronnier. Elle passe un contrat de mariage chez le notaire Gilbert Bonadat le 13 décembre 1665, le nouvel époux s’engage à prendre en charge Jean Damisé, fils d’Étienne et de Geneviève, de lui montrer son métier, de l’entretenir et de le nourrir jusqu’à l’âge de 16 ans. À cette époque, Claude a environ 17 ans.
Mariage
Claude épouse Pierre Perthuis dit Lalime le 10 décembre 1668 dans la paroisse Notre-Dame à Montréal. Originaire d’Amboise en Indre-et-Loire, il est le fils de Sylvain Perthuis et de Mathurine Racicot. Né le 18 février 1645, il arrive en 1665, âgé de 20 ans, comme soldat du régiment Carignan-Salière, compagnie du sieur Salière. Sont présents au mariage Jacques Pillerau dit Lisledor aussi du régiment Carignan-Salière et de la compagnie du sieur Salière, René Dardenne époux de Françoise Barbery, Fille du Roy arrivée en même temps que Claude Damisé et Jean Coron, maître tourneur, qui épousera en 1670 Michelle Lauzon née à Montréal. Sauf la mariée qui reconnaît ne pas savoir signer, ils signent tous le registre de la paroisse avec le curé Gabriel Souart. Une dispense de publication de trois bans a été accordée ainsi qu’une dispense de temps de l’Avent. Le couple aura douze enfants. La jeune mère est âgée d’environ 22 ans à la naissance de son premier enfant et d’environ 43 ans à la naissance du douzième.
Pierre Perthuis s’installe comme marchand à Pointe-auxTrembles et par la suite à Montréal. Il reçoit, achète et vend des terres. De plus, il prête de l’argent, les sommes lui sont remises en argent ou en biens qu’il revend avec profit. Pierre Perthuis a le sens des affaires et est devenu un bourgeois. Durant l’été 1673, il retourne en France.
Claude est enceinte de son troisième enfant qui naîtra au mois de décembre 1673. En octobre 1674, elle vend une terre. Est-ce qu’elle doute du retour de son mari, a-t-elle besoin de liquidités pour faire vivre sa famille ? À l’été 1675, elle devient enceinte d’un enfant conçu hors mariage. André, fils de Jean Paradis, est baptisé le 3 mars 1676 à Montréal dans la paroisse Notre-Dame et baptisé de nouveau le 23 mars à Pointe-aux-Trembles dans la paroisse du Saint-Enfant-Jésus. Jean est célibataire et âgé de 16 ans. L’enfant sera adopté par René Cyret et Anne Fayet, Fille du Roy arrivée en 1670, mariés le 8 septembre 1670 à Québec dans la paroisse Notre-Dame. Les parents adoptifs n’auront pas d’autres enfants.
Pierre est présent à Montréal en mars 1676. Il poursuit ses activités marchandes et familiales. Claude donnera naissance à Élisabeth baptisée le 7 février 1677.
Famille
1. Catherine Perthuis est baptisée le 23 janvier 1670 par le curé Gilles Perot à l’église Notre-Dame de Montréal. Ses parrain et marraine sont Jean Coron, habitant, et Catherine Marchand, conjointe de Laurent Archambault, habitant prospère, tous deux parents de douze enfants. Ils signent l’acte de baptême avec le père et le curé.
Âgée de 16 ans, à l’église Saint-Enfant-Jésus de Pointe-auxTrembles, elle épouse Pierre Maguet le 7 janvier 1686. Pierre est le fils d’Augustin Maguet, décédé, bourgeois de Paris, et de Françoise Goubilleau, Fille du Roy arrivée en 1670 avec son fils. Pierre Maguet a été baptisé vers 1662 à l’église Saint-Paul de Paris. Le curé François Seguenot bénit leur union en présence de plusieurs parents et amis : la mère de Pierre, Françoise Goubilleau, son beau-père Paul Dazé et leur fils Charles Dazé, Jeanne Perthuis, sœur de Catherine, Sidrac Dugué, écuyer, sieur de Boisbriant, résident de l’île Sainte-Thérèse de Pointe-aux-Trembles et sa fille Marie Thérèse Dugué, François Janot, Laurent Archambault époux de Catherine Marchand, marraine, Jean Coron, parrain de la mariée, Grégoire Simon, habitant, et son épouse Jeanne Collet, Fille du Roy arrivée en 1668. Ce couple sera tué par les Iroquois et inhumé le 8 mai 1691 à Pointe-aux-Trembles. Plusieurs d’entre eux ont signé avec le marié, le père de la mariée et le curé. Catherine a donné naissance à onze enfants, sept d’entre eux se sont mariés.
Pierre Maquet est retourné en France avec sa mère et son beau-père, Paul Dazé, en 1684. Difficile de dire ce que fut son travail en Nouvelle-France. Michel Langlois fait état de plusieurs emprunts et remboursements, locations, achats et ventes de terres. Il reçoit de l’argent de France, probablement de son père décédé, il s’agit de montants importants de 7 200 livres, 3 239 livres, 3 600 livres. On apprend, par un emprunt de 1 000 livres qu’il fait en 1690, que sa maison de Rivière-des-Prairies a été pillée et incendiée par les Iroquois. En 1710, il donne 1 600 livres pour l’achat d’une terre à Rivière-des-Prairies. En 1715, il achète la maison de sa mère et de son beau-père Paul Dazé pour la somme de plus de 3 000 livres. On peut facilement en déduire que cette fille de Claude Damisé a vécu dans l’aisance financière.
Catherine est veuve depuis le 6 juillet 1725. Elle est inhumée le 17 février 1736 dans le cimetière de la paroisse du Saint-EnfantJésus de Rivière-des-Prairies, tout comme le fut son mari.
2. Jean Perthuis est baptisé le 7 février 1672 dans la paroisse Notre-Dame de Montréal. Jean Boulain dit Léveillé, habitant, est son parrain, et Élisabeth Langevin, épouse de René Lanceleur, est sa marraine. Nous n’avons pas d’autres informations sur cet enfant.
3. Jeanne Perthuis est baptisée par le curé Gilles Perot le 13 décembre 1673 à l’église Notre-Dame de Montréal. Son parrain est Bernard Mercier, habitant, et sa marraine est Jeanne Collet épouse de Grégoire Simon ; ce couple sera présent au mariage de Catherine, la sœur de Jeanne.
Le 22 novembre 1688, Nicolas Desroches, veuf d’Anne Archambault, fille de Laurent Archambault et de Catherine Marchand, devient l’époux de Jeanne. Il est âgé de 36 ans. Fils de Jean Desroches et de Françoise Godé Gaudet, Nicolas est né à Montréal le 7 octobre 1652. Sont présents au mariage officialisé par François Seguenot, dans l’église du Saint-Enfant-Jésus de Pointeaux-Trembles, Jean et Pierre Desroches, frères du marié, Pierre Maguet, beau-frère, et son épouse Catherine Perthuis, Laurent Archambault, père de la première épouse de Nicolas, mais aussi ami de la famille Perthuis, Françoise Guillin, Fille du Roy arrivée en 1668 et Perthuis, oncle de la mariée, dont le lien est difficile à établir. Nicolas Perthuis, cousin de la mariée, fils de Claude Perthuis et d’Anne Trémeau, est arrivé au pays en 1684 comme engagé de Paul Dazé ; il est né à Amboise comme le père de la mariée. Jeanne donnera naissance à douze enfants, huit d’entre eux se marieront.
La date du décès de Jeanne est inconnue. Le corps de Nicolas Desroches est inhumé le 27 avril 1737 dans le cimetière de la paroisse du Saint-Enfant-Jésus de Pointe-aux-Trembles.
4. Élisabeth Perthuis, de la côte Sainte-Anne, est baptisée le 7 février 1677 à l’église du Saint-Enfant-Jésus de Pointe-aux-Trembles. Son parrain est Henri François Sabatier, notaire, époux de Jeanne Demouchi, et Élisabeth Charly, épouse de Joseph Demontenon Delarue, est sa marraine. Ils ont signé le registre avec le curé François Seguenot, curé.
Âgée de 18 ans, Élisabeth épouse, le 20 juin 1695, Claude Caron, fils de Claude Caron et de Madeleine Varennes à l’église Notre-Dame de Montréal. Sont présents à la cérémonie Antoine Adhémar, greffier et notaire royal, Jean Martinet, chirurgien, époux de Marguerite Prudhomme, Abraham Bouat, bourgeois, époux de Marguerite de Nevelet, Fille du Roy arrivée en 1667. Ils ont signé le registre en compagnie de Michel Caillé, curé, ainsi que de quelques autres invités. Élisabeth et Claude auront cinq enfants, deux se marieront.
Élisabeth décède et est inhumée le 23 avril 1703, dans la paroisse Notre-Dame de Montréal, quelques jours après la naissance de son fils Charles, né et décédé le 17 avril. Elle est âgée de 26 ans. Elle laisse dans le deuil deux jeunes enfants : Claude âgé de 6 ans et Élisabeth âgée de 2 ans. Son mari vivra plusieurs années de plus, il décède le 15 juin 1759 et sera inhumé le lendemain dans le cimetière de la paroisse Notre-Dame de Montréal.
5. Marie Perthuis est née le 8 septembre 1678 et est baptisée le même jour à l’église du Saint-Enfant-Jésus à Pointe-aux-Trembles par le curé François Seguenot. Antoine Basinet est le parrain et la marraine est Marguerite Celle, née à Montréal, épouse de Joseph Cartier dit Larose, arrivé en 1665 avec le régiment de CarignanSalière, démobilisé en 1668, marchand de fourrures. Les parrain et marraine n’ont su signer avec le père et le curé.
Le 24 janvier 1698, à l’église Notre-Dame de Montréal, Marie, âgée de 19 ans, prend pour époux Vital Caron âgé de 24 ans. Né à La Prairie, il est le fils de Claude Caron et de Madeleine Varennes. Les témoins à ce mariage sont Claude Caron, frère de Vital, et Marc Antoine Desjardins sieur de Rupalley, officier dans les troupes de la Marine, époux d’Anne Lemire. Les jeunes époux, le père de la mariée et de nombreuses autres personnes présentes signent le registre avec le curé René Charles Debreslay. La famille comptera dix enfants : un enfant décédera à la naissance, du benjamin, Philippe, nous n’avons que la date de son décès, ce qui n’exclut pas la possibilité d’un mariage. Nous sommes certains que huit enfants de la famille se sont mariés. Leur fils Vital épousera Madeleine Pruneau, fille de Jean et de Suzanne Bélanger, le 20 juillet 1735 dans la paroisse Sainte-Anne du fort Pontchartain de Détroit.
Vital Caron est inhumé le 28 janvier 1747 dans la paroisse SainteAnne de Détroit.
Veuve depuis le 20 avril 1745, Marie décède à Châteauguay, à l’âge de 88 ans, le 23 décembre 1766 et est inhumée le lendemain. Cinq de ses enfants habitent à Châteauguay. Dans l’acte de sépulture, le curé a écrit que l’enterrement s’est fait en présence de ses fils, petits-fils et gendres. Il ajoute que Marie était infirme depuis longtemps. On ne connaît d’elle que des dates et quelques faits, mais cette remarque du curé peut nous amener à croire que Marie a été entourée des siens dans sa maladie et jusqu’à son dernier repos.
6. Geneviève Perthuis est née le 17 octobre 1680 et est baptisée le lendemain à l’église du Saint-Enfant-Jésus de Pointe-aux-Trembles. Gilles Galipeau dit Le Poitevin, habitant, époux de Jacqueline Langlois, Fille du Roy arrivée en 1668, et Cécile Janot, née à Montréal, épouse d’André Carrière, tailleur d’habits, deviennent ses parrain et marraine. François Seguenot signe le registre, les parrain et marraine ont déclaré ne pas savoir signer.
Le 19 mars 1701, Geneviève épouse un ami de la famille, Urbain Gervaise, fils de Jean Gervaise et d’Anne Archambault. Jean et Urbain ont souvent été présents aux mariages des enfants Perthuis et ont laissé leur signature sur les actes de mariage. Urbain est veuf de Marie Caron, fille de Claude et Madeleine Varennes. Il se trouve apparenté comme beau-frère à Marie et à Élisabeth. La famille Archambault a aussi des liens d’amitié consolidés par leur présence aux baptêmes et aux mariages des Perthuis. Sont présents à la cérémonie Charles et Louis Gervaise, frères d’Urbain, Claude Caron son beau-père et Claude Caron son beau-frère. Les mariés, Pierre Perthuis, père de Geneviève, et les autres personnes présentes ont signé le registre, à l’exception de Vital Caron qui a déclaré ne pas savoir signer. La cérémonie a été présidée par René Charles Debreslay, curé. Dollier de Casson, grand vicaire, a accordé une dispense de publication de trois bans. Les signatures des deux prélats figurent sur l’acte. De cette union naîtront six enfants, une seule atteindra l’âge adulte et se mariera. Geneviève a 21 ans à la naissance de l’aînée et 32 ans à celle du cadet.
Le 6 juin 1713, Urbain Gervaise, bourgeois de Montréal, est inhumé dans le cimetière de la paroisse Notre-Dame de Montréal. En plus de son épouse, il laisse dans le deuil deux filles : Geneviève âgée de 5 ans et Marie Josèphe âgée de 7 ans, cette dernière se mariera en 1736.
Approchant de son trente-septième anniversaire de naissance, Geneviève épouse Louis Renaud dit Duval le 5 avril 1717 dans la paroisse des Saints-Anges-Gardiens de Lachine. Né le 15 décembre 1683 à Québec, il est le fils d’Antoine Renaud, habitant et maçon, et de Françoise Duval, Fille du Roy arrivée en 1670. Assistent au mariage béni par Louis Michel Villermola, curé de Lachine, Laurent Renaud, frère de Louis né du premier mariage d’Antoine avec Geneviève Plémaret, Fille du Roy arrivée en 1665, Vital Caron, beau-frère, époux de Marie Perthuis, Paul Guillet de Montréal, époux de Catherine Pinguet, Jean Baptiste Dupré de Boucherville, époux de Claire Février, Catherine Mallet, Paul Dumouchel, fils de Jeanne Juin, Fille du Roy arrivée en 1672 (Paul Dumouchel est l’époux de Marie Louise Tessier dont la mère est Madeleine Varennes, donc beau-frère de Marie Perthuis) et Louis Lecompte. François Vachon de Belmont, vicaire général, a accordé une dispense de publication pour deux bans. Un enfant naîtra de cette union, Louis, le 19 février 1718 à Montréal.
Veuve de Louis depuis le 12 juin 1766, inhumé dans la paroisse Notre-Dame de Montréal, Geneviève décède le 28 août 1774 ; elle est inhumée deux jours plus tard dans la chapelle Sainte-Anne de l’église Notre-Dame de Montréal.
7. La vie de Marguerite Françoise Perthuis ne sera pas bien longue. Elle est née le 23 et est baptisée le 24 juillet 1682 à l’église Notre-Dame de Montréal par Jean Frémont, curé de la paroisse. Ses parrain et marraine sont Louis Lecompte dit Dupré, époux de Catherine Rolland Saint-George et Marguerite Prudhomme, épouse de Jean Martinet dit Fondblanche, chirurgien. Le père et le parrain ont signé l’acte avec le curé.
Marguerite décède le 11 mars 1703 et est inhumée le lendemain dans la paroisse Notre-Dame de Montréal à l’âge de 20 ans. Marguerite a-t-elle été victime de l’épidémie de variole, appelée aussi petite vérole, de l’hiver 1702-1703 qui fit mourir 1 000 à 1 200 personnes dans la colonie ?
8. Angélique Perthuis est baptisée, dans la paroisse du Saint-Enfant-Jésus à Pointe-aux-Trembles, le 1 er janvier 1684. Ses parrain et marraine sont Nicolas Desroches, oncle de l’enfant et époux de Jeanne Perthuis, et Catherine Perthuis, sœur aînée d’Angélique. Le père et le parrain ont signé avec le curé François Seguenot.
Le 28 septembre 1700, à l’église Notre-Dame de Montréal, elle épouse Louis Lefebvre, 28 ans, sieur du Chouquet et marchand, fils de Jean Lefebvre et de Nicole Leroux. Sont présents Étienne Robert, garde magasin du roi, Charles de Couagne, marchand de Montréal, Claude et Vital Caron, beaux-frères de la mariée. René Charles Debreslay donne la bénédiction nuptiale. Ont signé l’acte avec le curé : les mariés, le père d’Angélique, ses sœurs Geneviève et Marguerite, Charles de Couagne, arrivé en 1672 comme maître d’hôtel de Louis Buade, comte de Frontenac, puis marchand, François Dollier de Casson, grand vicaire. Angélique donnera naissance à seize enfants ; sept d’entre eux se marieront et trois autres, demeurés célibataires, décéderont à un âge avancé : Charles aura 73 ans, Catherine aura 77 ans et Marie Jeanne aura 53 ans.
Angélique, veuve depuis le 26 novembre 1741, décède le 25 avril 1755 et est inhumée le lendemain dans la paroisse Notre-Dame de Montréal. Elle est âgée de 71 ans.
9. Anne Françoise Perthuis ne vivra que cinq jours. Baptisée dans la paroisse du Saint-Enfant-Jésus de Pointe-aux-Trembles le 26 janvier 1685, elle est inhumée dans la même paroisse le 31 du
même mois. Ses parrain et marraine sont Jean Renaud et Françoise Guillin, Fille du Roy arrivée en 1668. Le parrain ainsi que le père ont signé l’acte avec le curé François Seguenot.
10. Pierre Perthuis, fils 1, est baptisé le 16 avril 1686 dans la paroisse du Saint-Enfant-Jésus de Pointe-aux-Trembles. Jean Desroches est son parrain et Françoise Janot, épouse d’Antoine Bazinet dit Tourblanche, soldat du régiment de Carignan-Salière, est sa marraine. Pierre est décédé dans les colonies anglaises au mois d’août 1708.
11. François Perthuis est baptisé le 10 janvier 1688 dans la paroisse du Saint-Enfant-Jésus de Pointe-aux-Trembles par le curé François Seguenot. Son parrain est François Dejordy, écuyer, lieutenant de la Compagnie de M. Desquerat, et sa marraine est Marie Thérèse Dugué. Nous n’avons par d’autres informations sur François.
12. Pierre Perthuis, fils 2, est baptisé le 22 mai 1691 dans la paroisse Notre-Dame de Montréal par le curé Étienne Guyotte. Il a été baptisé sous condition, ayant été ondoyé à la maison. Son parrain est Pierre Courtet et sa marraine est Élisabeth Perthuis, sa sœur âgée de quatorze ans.
Le 24 janvier 1713 à l’église Notre-Dame de Québec, il épouse Angélique Caron, fille de Vital Caron, marchand bourgeois, et de Marguerite Gagnon. Les époux et quelques invités, dont Urbain Gervaise, ont signé le registre de la paroisse avec le curé Thomas Thiboult. Le couple aura un garçon prénommé Pierre, comme son père et son grand-père. Il se marie au fort de Vincennes, dans la paroisse Saint-François-Xavier, le 3 janvier 1757 avec Madeleine Vaudry, fille de Joseph et Marie Lepage.
Angélique Caron est inhumée le 25 août 1715 dans la paroisse Notre-Dame de Québec. Pierre se marie en secondes noces avec Marie Catherine Mallet. Le couple signe un contrat de mariage le 18 mars 1716 devant le notaire Michel LePailleur, en présence de Madeleine Thure Dufresne, mère de Catherine. Joseph naît de ce couple en 1717 à Montréal. Au moins neuf autres enfants naîtront dans la paroisse Sainte-Anne de Détroit.
On ne connaît pas la date du décès de Pierre ni celle de Catherine, tous les deux étant décédés hors du Québec.
Décès
Claude est inhumée à Montréal le 6 octobre 1705 âgée d’environ 57 ans. Le cadet de ses enfants a 14 ans, il se mariera en 1713. Pierre Perthuis épouse en secondes noces, le 13 février 1707, la veuve Françoise Moisan, Fille du Roy arrivée en 1663.
Conclusion
Encore de nos jours, l’enfant né hors mariage d’une femme déjà mariée peut perturber la vie de la mère et celle de son entourage. Dans le cas de Claude Damisé, il semble ne s’être rien passé. Son mari ne l’a pas bannie du foyer ni accusée d’adultère. Est-ce que les circonstances entourant cette grossesse démontraient clairement que Claude n’avait pas désiré cet événement ? Malgré tout, Claude a poursuivi son rôle de mère et d’épouse et participé, à la mesure de ses capacités, à l’expansion de la Nouvelle-France. Rendons-lui hommage pour la vie qu’elle a transmise.
Marie Royal
20
20,2Fille du Roi elle arrive à Québec le 30 juin 1663 par le navire "Le Phoenix de Flessingue".
Fille d'Abel et Marie Simiot
Entre 1693 et 1708, elle exploite avec l'aide de quelques unes de ses filles un cabaret rue St-Paul à Montréal.
20Françoise Moisan (vers 1645-1718)
Autres graphies : Mausane, Moisanne, Moisen, Moisin, Moyse, Moizan, Moizane, Belhumeur.
Née vers 1645 , fille de feu Abel Moisan et de feu Marie Simiot, Françoise Moisan est originaire de la paroisse de Saint-Barthélemy à La Rochelle, Aunis, Charente-Maritime. Elle a environ 18 ans à son arrivée en Nouvelle-France ainsi qu’à son mariage quelques mois plus tard.
Son père est laboureur à bras et jardinier. Il est le fils de Mathurin Moisan et de Jeanne Coustu. Sa mère, Marie Simiot, est la fille de Charles Simiot et de Marie Cholet. Marie Simiot est décédée avant le 3 mars 1658, date du mariage en secondes noces à La Rochelle, paroisse Sainte-Marguerite, du père de Françoise avec Marie Dugats.
Mariage
Le curé de la paroisse Notre-Dame de Montréal, Gabriel Souart, célèbre le mariage de Françoise avec Antoine Brunet dit Belhumeur le 28 novembre 1663. Les deux époux déclarent ne pas savoir signer. Originaire de la paroisse Saint-Nicolas de La Rochelle, Antoine est le fils de Mathurin Brunet et de Marie Brunet. Plusieurs personnes assistent à leur mariage : Charles D’Aillebout Des Muceaux, Charles Le Moyne, procureur, Pierre Picoté De Belestre, Jean Augrin « et plusieurs autres amys communs ». Les témoins aux différents mariages de la jeune colonie sont souvent des gens plus aisés ou appartenant à la classe dirigeante.
Âgé d’environ 18 ans, Antoine Brunet dit Belhumeur arrive en Nouvelle-France en 1662 comme domestique engagé par les Sulpiciens2 . Après une promesse de défrichement en 1663, il fait de la grande agriculture et s’installe avec sa famille dans une nouvelle vie. Il achète une maison de pierre de 559 pi carrés français de Pierre Lorrain dit Lachapelle le 12 décembre 1663. Il revendra cette maison, située sur la rue Saint-Paul, côté sud, entre la rue Saint-Gabriel et la rue Saint-Vincent, à Pierre Perthuis dit Lalime le 6 novembre 1676. Le 23 décembre 1663, il recevra des Sulpiciens une terre sur la rue Saint-Paul, puis le 28 mars 1668 ils ajouteront deux arpents de front sur quinze arpents de profondeur à son habitation. Il recevra le 27 mars 1678, toujours des Sulpiciens, six arpents de prairies situés devant son habitation entre les terres de Jean Aubuchon et celles des héritiers de Jacques Picot. La veuve Picot, Marie Grandin, lui louera pour six ans, à partir du 19 octobre 1681, une habitation de la côte Saint-François. Il louera, le 10 octobre 1693 et au-delà du 31 décembre 1704, une maison appartenant d’abord à Marguerite Anne Anthiaume, puis aux héritiers d’André Jarret dit Beauregard. Lors du recensement de 1681, il possède dix-sept arpents de terre en valeur, cinq bêtes à cornes et un fusil. Le 21 septembre 1684, il achète une gabarre de douze tonneaux et ajoute ainsi le cabotage à ses activités. On sait qu’il livre du bois de chauffage dans cette embarcation. Les Sulpiciens lui concèdent, le 4 janvier 1687, un nouvel emplacement de terre de quatre-vingts pieds sur la rue de la chapelle Notre-Dame-deBonsecours. Agriculteur et défricheur, Antoine taillera des madriers et des planches qu’il revendra.
Cet homme assurera, par son travail, le bien-être de sa femme et de ses enfants. Âgé d’environ 49 ans, il part en France durant l’été 1693 pour une raison inconnue, et il décède en France ou sur
le bateau lors du voyage de retour vers 1694. Avant son départ, il donne à son épouse une procuration lui permettant de gérer les biens familiaux. En 1694, quand elle devient veuve, Françoise a environ 49 ans. Trois de ses filles vivent avec elle, des jumelles de près de 20 ans et une autre fille d’environ 15 ans.
Née vers 1644, Françoise a environ 20 ans à la naissance de l’aîné et environ 37 ans à celle de la cadette. Elle donnera naissance à huit enfants, deux garçons et six filles, entre les mois de février 1665 et de juin 1682. Six enfants se marieront.
Exploit pour Françoise et surtout événement rare à cette époque, deux de ses filles, Geneviève et Élisabeth, des jumelles nées le 23 juillet 1674, survivront. Trois des six enfants, Marie Françoise,
Élisabeth et Marguerite, déclareront savoir signer à leur mariage. Au décès de Françoise en 1718, quatre enfants et trente et un petits-enfants encore vivants s’ajouteront à la descendance d’Antoine et de Françoise. Une dernière petite-fille naîtra en 1721.
Si le quotidien de ce couple reste oublié par l’histoire, il faut quand même souligner qu’ils ont, de part et d’autre, accompli les gestes nécessaires à la survie de leur famille.
Accusation
Qu’en est-il de cette accusation de prostitution déposée par son gendre Pierre Patenostre le 18 septembre 1688 ? En consultant la requête d’accusation, on apprend que l’épouse de Pierre, Catherine Brunet, s’est réfugiée chez ses parents. Le 17 septembre « sa femme lui ayant donné quelque sujet de mécontentement, il lui avait voulu faire une petite correction et lui avait donné quelques coups avec une petit fardoche […] ». Le jour de l’accusation, Françoise et trois autres femmes « seraient arrivés en la maison de Claude Barbier pour lequel le suppliant travaille et lu auraient apporté son enfant âgé de sept mois et lui auraient laissé lad belhumeur maltraitant en mesme temps led. suppliant… et le tirant par les cheveux mesme déchiré ses hardes ». Dans la même journée, Françoise et les autres femmes, cette fois accompagnées de François Brunet, frère aîné de Catherine, se rendent dans une maison où loge Pierre Patenostre. Ils « auraient enfoncé les pentures pour y entrer et pris les coffres de dans le logis et emporté ce qu’ils y ont trouvé […] ». Il continue son accusation en mentionnant que Françoise a depuis deux ans « des mauvaises intentions à son esgard […] et est la cause de leur divorce ». Il demande que Françoise et son fils lui remettent tout ce qui lui a été pris et qu’ils soient « condamner en tous despens dommages et intérets et à souffrir comme perte de longtemps et autres choses estant obligé d’abandonner son mesnage et après autre peine que vous advisez […] ». Il ajoute « lad belhumeur ne voulait pas laisser sortir lad femme sa fille […] ». Puis, seront ajoutées des accusations sur la vie « desbordée & infâme » de Françoise, mentionnant les témoignages du soldat Delorme, des nommés Manseau et Pillereau et même « la plainte que Monsieur le curé nous en a fait » et que tous ces gestes se passaient dans la maison de Françoise en l’absence de son mari alors que ses filles étaient présentes.
Les archives judiciaires ne contiennent pas la condamnation de Françoise Moisan pour tout ce qui lui est reproché. Ce qui laisse supposer que la plainte de Pierre Patenostre Patenaude n’a pas été retenue contre elle. Comment, dans ce milieu très dévot et très peu peuplé, aurait-on pu laisser impunie une si mauvaise personne ? A-t-elle été mise tout simplement à l’écart de la société ? En examinant les quelques traces laissées dans les actes officiels la concernant ou reliées aux membres de sa famille, nous ne trouvons aucun élément confirmant cette exclusion. Le 15 novembre 1688, à Boucherville, François Brunet se marie à Anne Ménard, fille de Jacques Ménard et de Catherine Forestier de Boucherville. Pierre Boucher, écuyer et seigneur de Boucherville, assiste à leur mariage. Cet événement se déroule tout juste deux mois après lesdits actes répréhensibles envers Pierre Patesnotre dont François et Françoise, sa mère, sont accusés.
Entre septembre 1688 et 1694, date de son décès, Antoine Brunet poursuit ses activités agricoles et marchandes à Montréal. Difficile de croire que messieurs les Sulpiciens, propriétaires de l’île, auraient pu fermer les yeux sur la conduite de son épouse. Quant à la plainte du curé mentionnée dans la requête de Patesnotre, l’information est inexistante. Antoine laisse, avant son départ pour la France, une procuration à sa femme. Peut-on penser qu’il a pu mettre ses biens entre les mains d’une femme qui le trompe et qui pourrait facilement dilapider ses avoirs ou les utiliser à son profit ? S’il avait eu des doutes au sujet de son honnêteté, la procuration aurait pu être faite au nom d’un notaire. De plus, il est au courant de la plainte de Pierre Patenostre puisqu’elle a été enregistrée par les notaires Migeon de Bransatt et Antoine Adhémar. Des voisins ont été rencontrés comme témoins. Catherine s’est de plus réfugiée dans sa maison.
Le 26 juin 1699 , devant « charles Jucherau de Saint Denys Escuyer Conseiller du Roy lieutenant genneral de la Juriduction Royal de lisle de montreal et autres lieux deppendans du gouvernement de la ditte Isle » et devant Adhémar greffier et Jean Cabazié substitut du procureur du roi, Françoise Moisan devient tutrice de sa petite-fille Marie Patenostre, fille mineure de Marie Françoise Brunet et de Jean Patenostre, frère de Pierre. Plusieurs personnes sont aussi présentes « pour donner leur avis sur lelection dun tuteur et dun subroge tuteur ». Les deux enfants, Jean et Marguerite, nés du deuxième mariage de Jean avec Marie Robidou, sont aussi touchés par cette mesure. Sont donc présents Charles, Pierre, Louis Patenostre et Jean Ferron dit Santerre oncles des enfants, Jacques Surprennant dit Sansoucy, Gabriel Lemieux et sieur Charles de Couagne, marchand bourgeois de Montréal. Depuis le 29 avril 1694, Françoise est cabaretière et le sera jusqu’au 31 décembre 1704 ; cette activité professionnelle est connue de tous, Montréal est alors un village. Cela fait presque onze ans que Françoise a fait l’objet d’une plainte, mais confier une enfant à une femme ayant été accusée d’être « impudique », cela aurait dû être considéré comme très risqué pour la moralité de la jeune fille et il n’en a pas été ainsi.
Catherine Ferland nous apprend que, pour devenir aubergiste ou cabaratier, il faut obtenir l’accord de l’intendant qui « […] n’accorde l’autorisation […] qu’à ceux et à celles qui lui présentent un certificat de bonne vie et mœurs, et dont l’honnêteté est connue ». Commerçante, comme plusieurs personnes près d’elle, Françoise se doit d’être accueillante. Est-ce que les règles restrictives entourant le service des boissons aux soldats, peu de boisson et seulement aux repas du midi et du soir, auraient incité certains d’entre eux à la calomnie ? Cela ne pourrait que démontrer que Françoise Moisan respectait la loi.
Et tous les marchands et notables que nous rencontrons aux mariages et aux baptêmes des membres de sa famille, tels le notaire Senet, le chirurgien Delabaume, Pierre Perthuis, marchand, Pierre Caille, tailleur d’habits, Paul Le Moyne de Maricour, fils de Charles Le Moyne et tant d’autres, auraient-ils accepté d’être vus en compagnie d’une femme prostituée et de prendre le risque de perdre leur clientèle et leur respectabilité ?
Deuxième mariage
Treize ans après le décès d’Antoine Brunet dit Belhumeur, Françoise, 63 ans, se marie en secondes noces à Pierre Perthuis dit Lalime, 62 ans, le 13 février 1707 à Montréal, le jour où est signé un contrat de mariage devant le notaire Antoine Adhémar. Aucun enfant ne naîtra de leur union. Pierre ne peut signer son acte de mariage « à cause de son aveuglement ». Tous les enfants de Françoise sont mariés, mais Pierre a un fils, Pierre, âgé de 16 ans. Ce dernier se mariera à Québec le 24 janvier 1713.
Pierre Perthuis, arrivé en Nouvelle-France le 18 août 1665 avec le régiment de Carignan-Salière, a marié en premières noces Claude Damisé, Fille du Roy arrivée en 1668. Pierre et Claude ont eu douze enfants. Perthuis est devenu un riche marchand, achetant et revendant du blé ainsi que des terres de culture, des maisons, des bâtiments et des terrains urbains. Il fera du commerce à Montréal et à Pointe-aux-Trembles. De plus, il empruntera et fera des prêts avisés à de nombreux concitoyens. Baptisé à Amboise dans l’archevêché de Tours le 18 février 1645, il meurt à Montréal le 16 avril 1708 à l’âge de 63 ans.
Famille
1. François Brunet est baptisé à l’église Notre-Dame de Montréal le 17 mars 1665 ; l’acte du baptême n’a pas été signé par un prêtre. Son parrain est François Boulanger. Il existe peu d’informations sur cet homme décédé et inhumé probablement le 7 juillet 1698 à Pointe-aux-Trembles. Sa marraine est Catherine Primot, épouse de Charles Le Moyne, marchand.
À 23 ans, il prend pour épouse Marie Anne Ménard âgée de 17 ans, fille de Jacques Ménard dit Fontaine et de Catherine Forestier Fortier. Le curé Pierre Rodolphe Guybert De La Saudray bénit le mariage le 15 novembre 1688 à l’église de la Très-Sainte-Famille de Boucherville. Pierre Boucher, écuyer et seigneur de Boucherville, assiste à la cérémonie. Sont aussi présents Jean Baptiste Ménard, frère de Marie Anne, époux de Marguerite Philippe Étienne, Jacques Bourdon, beau-frère, époux de Marie Ménard, Prudent Bougret dit Dufort, habitant de l’île Dufort à Boucherville et époux de Marie Charlotte Étienne sœur de Marguerite Étienne Philippe. Une dispense pour la publication du troisième ban leur a été accordée par François Dollier de Casson, grand vicaire de monseigneur de Saint-Vallier, évêque de Québec. Le marié ainsi que Prudent Bougret et Jacques Bourdon signent l’acte de mariage avec le curé.
François et Marie Anne auront 12 enfants. À son décès, le 3 février 1710 quelques jours après avoir donné naissance, Marie Anne, âgée de 39 ans, laisse dans le deuil son mari et neuf enfants âgés entre 21 ans et quelques jours. Madeleine, la dernière-née, décède le lendemain. Trois enfants sont décédés en bas âge avant leur mère.
François se remarie le 22 juillet 1715 dans la paroisse SaintFrançois-de-Sales de l’île Jésus. Il a encore la charge de six enfants nés entre 1698 et 1708. Il épouse Marie Antoinette Renaud Locat, née vers 1682 au Québec, veuve de Jean Richard. Marie Antoinette a une fille, Marie Suzanne Richard, née en 1704. La nouvelle famille, maintenant composée de sept enfants, ne s’agrandira pas.
À son décès, le 13 juillet 1739, on le dit lieutenant de la compagnie de milice. Il est inhumé dans la paroisse Saint-Louis de Terrebonne. Il aura vécu soixante-quatorze ans. Marie Antoinette est décédée le 9 octobre 1750. Sa sépulture aura lieu le lendemain dans la même paroisse à Terrebonne.
2. Marie Françoise Brunet est baptisée le 26 avril 1667 à l’église Notre-Dame de Montréal. L’acte n’a pas été signé. Pierre Caillé dit Larochelle, tailleur d’habit, et Marie Renaud, épouse de Mathurin Langevin, habitant, deviennent ses parrain et marraine.
Marie, âgée de 16 ans, épouse Jean Patenaude le 25 octobre 1683 à Montréal, paroisse Notre-Dame. Jean est né à Sillery le 10 août 1654, il est le fils de Nicolas Patenaude et de Marguerite Breton. Sont témoins Gilbert Barbier dit Minime, maître charpentier, procureur fiscal, arpenteur, ses fils Gabriel Barbier dit Minime, voyageur avec Cavelier de La Salle et Charles Barbier, Charles Patenaude, Pierre Patenaude, domestique de François Lenoir, et Gervais Patenaude, frères de Jean, tous nés à Montréal, François Brunet frère de Marie, Gilles Meneret, sur lequel nous n’avons aucune information, Michel Descaris, né à Montréal, fils de Jean et Michelle Artus. Le mariage est béni par Étienne Guyotte, curé de cette paroisse. De cette union naissent deux enfants : Marie Gabrielle décédée à l’âge de quatre mois et Marie qui épousera Charles Rose en 1704.
On ne connaît pas la date du décès de Marie Françoise. Cependant, Jean Patenaude se remarie le 10 décembre 1686.
3. Catherine Brunet est baptisée par Gilles Perot, prêtre, le 25 août 1669 à l’église Notre-Dame de Montréal. Ses parrain et marraine sont Jean Aubuchon dit Lespérance, habitant, et Catherine Legardeur conjointe de Charles d’Ailleboust Des Muceaux, écuyer, juge civil et criminel.
À 16 ans, le 25 novembre 1685, elle prend pour époux Pierre Patenaude, âgé de 27 ans, dans l’église de son baptême. La cérémonie est officialisée par le curé Étienne Guyotte. Pierre, né à Québec en 1658, est le fils de Nicolas Patenaude et de Marguerite Breton. Assistent au mariage, Charles et Jean Patenaude, frères de Pierre, ainsi que la marraine de la mariée, Catherine Legardeur. Les mariés ainsi que toutes les personnes présentes signent l’acte du mariage avec le curé Étienne Guyotte. Catherine mettra au monde dix enfants et six d’entre eux fonderont une famille.
Catherine est inhumée dans le cimetière de la paroisse Notre-Dame de Montréal le 28 juillet 1732, le lendemain de son décès. Elle est veuve depuis seize ans, Pierre étant décédé à l’Hôtel-Dieu de Montréal et ayant été inhumé, aussi dans la paroisse Notre-Dame, le 31 mars 1715.
4. Antoine Brunet, fils, est baptisé le 6 juillet 1672 à l’église Notre-Dame de Montréal. Louis Le Ber, fils de Jacques Le Ber, marchand, est le parrain et Barbe d’Ailleboust, fille de Charles d’Ailleboust Des Muceaux, écuyer et juge civil et criminel, est la marraine.
Quatre jours plus tard, le 10 juillet 1672, il est inhumé dans la même paroisse.
5. Geneviève Brunet, jumelle d’Élisabeth, est baptisée le 23 juillet 1674 à l’église Notre-Dame de Montréal par Gilles Perot, prêtre, curé. Robert Perrois, habitant, devient son parrain et sa marraine est Geneviève Laisné, Fille du Roy arrivée en 1667, épouse de Pierre Devanchy. Robert Perrois est peu connu. On sait qu’il a signé un contrat d’engagement à La Rochelle le 29 juin 1659, qu’il a été confirmé à Montréal le 24 août 1660, qu’il est habitant, qu’il a 48 ans au recensement de 1681 et qu’il serait décédé hors Québec. Les parrain et marraine ont signé l’acte de baptême avec le curé.
À vingt ans, Geneviève épouse Louis Tétreau qui a vingt-six ans. Les parents de Louis sont Louis Tétreau et Marie Noelle Landeau. Le mariage est célébré le 4 juin 1695 à l’église Notre-Dame de Montréal par Michel Caille, vicaire. Sont présents à la cérémonie : Jean Martinet, chirurgien, soldat du régiment de Carignan-Salière, compagnie de LaTour arrivé en 1665, époux de Marguerite Prudhomme, Jean Bizet de Londres, maître taillandier et forgeron et Pierre Chanterau, bedeau, époux de Marie Cordier. Aucun enfant ne naît de cette union.
Louis décède à l’hôpital le 31 juillet 1699 et est inhumé à Montréal le même jour. Il a trente ans.
Le 8 février 1705, Geneviève âgée de trente ans, se remarie avec Louis Lebau, vingt-sept ans. Louis est menuisier, né au Québec vers 1677 du mariage de Jean Lebau et d’Étiennette Lore. Le curé Yves Priat bénit leur union à l’église Notre-Dame de Montréal. Les invités à la cérémonie sont Jean Baptiste Lebeau, maître menuisier, frère de Louis, François Brunet dit Bellehumeur, frère de l’épouse, Michel Lepailleur, notaire royal, Claude Caron de Montréal, marié à Marie Jeanne Boyer. Louy Bau, son épouse Geneviève Brunet, Le Pailleur, Caron, Jean Baptiste Lebeau ainsi que le curé et le grand vicaire François Vachon Debelmont ont ajouté leur signature au bas de l’acte de mariage.
Geneviève donne naissance à trois enfants. Agathe, l’aînée, mariera Joseph Laporte en 1730 à Boucherville. Les deux autres enfants dont le sexe n’a pas été déterminé sont nés, ondoyés et inhumés dans le cimetière de la paroisse Notre-Dame de Montréal le 8 décembre 1706.
Geneviève ne survivra pas à cet accouchement. Elle décède et est inhumée aussi dans la paroisse Notre-Dame de Montréal le 17 décembre suivant. Sa fille Agathe a treize mois.
6. Élisabeth Brunet, jumelle de Geneviève, est baptisée le 23 juillet 1674 à l’église Notre-Dame de Montréal par Gilles Perrot. Ses parrain et marraine sont Louis d’Aillebout fils de Charles d’Aillebout Des Muceaux, écuyer, juge civil et criminel et Élisabeth Hubert, fille de Nicolas Hurbert, maître tailleur d’habits. Cette dernière deviendra l’épouse d’Antoine Regnault au mois de novembre suivant.
Robert Réaume, maître charpentier né à Québec, deviendra son époux le 22 septembre 1696. Le mariage est célébré à l’église Notre-Dame de Montréal par Michel Caillé, curé. Robert est le fils de René Réaume et de Marie Chevreau, Fille du Roy arrivée en 1665. Assistent à la cérémonie Jacques Tétrault, beau-frère, époux de Marguerite Brunet, Pierre Hervé, Robert Giguère, voyageur et Pierre Tessier, voyageur. Seule Élisabeth signe l’acte de mariage avec le curé. Elle donnera naissance à neuf enfants.
Élisabeth, âgée de 75 ans, décède le 19 juillet 1749 à SaintVincent-de-Paul, sur l’île Jésus, et est inhumée le lendemain. Elle est veuve depuis le 24 mars 1744 ; Robert a été inhumé le 25 mars aussi à Saint-Vincent-de-Paul.
7. Marguerite Brunet est baptisée le 16 avril 1679 à Montréal dans la paroisse Notre-Dame par le curé Gilles Perrot. Ses parrain et marraine sont Charles Barbier, fils de Gilbert Barbier dit le Minime, charpentier, et sa marraine est Marguerite Gamelin de Trois-Rivières, fille de Michel Gamelin, maître chirurgien de Trois-Rivières.
Le 15 octobre 1698, dans la paroisse de son baptême, âgée de dix-neuf ans, elle unit sa vie à Jacques Tétrault, 26 ans, fils de Louis Tétrault et de Marie Noelle Landeau. Jacques est le deuxième fils de la famille Tétrault à marier l’une des filles de la famille Brunet. Sont présents au mariage Claude Pothier, marchand de Montréal, Denis de La Chassaigne Caissaigne (fait-il partie de la famille élargie de Jean Bouillet de la Chassaigne, noble, qui fut commandant au fort Lachine en 1690 ?), Claude Renault de Montréal et Pierre Chantereau, bedeau, époux de Marie Cordier. Marguerite Brunet signera son acte de mariage, suivie de Claude Pothier, de Denis de la Cassaigne et du curé René Charles de Breslay. La famille de Marguerite et de Jacques comptera douze enfants et huit d’entre eux se marieront.
À 60 ans, Marguerite décède le 26 septembre 1739 et est enterrée le lendemain dans la paroisse Saint-François-Xavier de Verchères. Elle laisse cinq enfants adultes et mariés. Son mari mourra deux ans plus tard, le 2 août 1741. Sa sépulture aura lieu le lendemain dans la même paroisse de Verchères.
8. Barbe Angélique Brunet, la cadette de la famille, naît le 18 juin 1682 et est baptisée le lendemain dans la paroisse Notre-Dame de Montréal par le curé Jean Frémont. Ses parrain et marraine sont Joseph Montenon Delapluz et Barbe d’Aillebout fille de Charles d’Aillebout Des Muceaux, écuyer, juge civil et criminel.
Nous n’avons aucune autre information sur la vie de Barbe Angélique.
Décès
Françoise Moisan décède et est inhumée à Contrecœur le 2 novembre 1718, âgée d’environ 73 ans. Une femme prostituée n’aurait jamais eu une vie si longue. Elle serait décédée des conséquences des maladies reliées aux activités sexuelles risquées et nombreuses.
Conclusion
Cette Fille du Roy a été l’objet d’une injustice et les calomnies se répètent encore aujourd’hui. Françoise Moisan n’est pas une prostituée et n’a pas incité sa fille Catherine ou quelque autre femme à la prostitution. Il faut le dire et le répéter pour que son honneur soit rétabli.
Marie Royal
20“Françoise Moisan arrived in Ville-Marie in 1663 as one of the first of the Filles du roi to immigrate to New France. In 1688, after twenty-five years of marriage to Antoine Brunet dit Belhumeur, Françoise Moisan, then in her forties and the mother of eight, was accused of leading a dissolute life. Among other allegations, she was charged with enticing Marie Robideau, the second wife of her son-in-law Jean Patenaude, into immoral behavior. After a court inquiry, Françoise was subjected to public denunciation and told to stay away from Marie Robideau. Françoise was reported to have had a continuous stream of soldiers visiting her home, despite warnings and punishments meted out by the commanding officers. Fights erupted between jealous lovers, one of whom brutalized her when he found out that she had other paramours. Pierre Delorme dit Sans-Crainte testified he slept with Françoise during her husband’s frequent absences. Other assertions were that Françoise did not mind that her young daughters were also the objects of men’s lascivious attentions. Despite the scandalous behavior, on June 26, 1699, Françoise Moisan was appointed guardian of her granddaughter Marie Patenaude, the minor daughter of Françoise’s daughter Marie-Françoise and Jean Patenaude, then both deceased.”
— The Women of Ville-Marie: Pioneers of Seventeenth-Century Montréal by Susan McNelley
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