20,2Fille du Roi, arrivée en 1664
320Anne Loiseau (vers 1636-date inconnue)
Autre graphie : Loyseau.
Fille de François Loiseau et de Barbe Garlin, Anne naît vers 1636 dans la paroisse Saint-Sulpice au faubourg SaintGermain-des-Prés, à Paris. Elle arrive en Nouvelle-France en 1664. Elle sait signer.
Mariage
Le 21 juillet 1664, peu de temps après son arrivée, elle épouse Guillaume Gendron dit Larolandière, fils de Julien Gendron et de Julienne Janigon ou Janignon. Guillaume est né le 7 juillet 1624 dans la paroisse Saint-Laurent de la ville de Blain, évêché de Nantes en Bretagne. Il arrive à Montréal le 16 novembre 1653 avec les recrutés du sieur de Maisonneuve. Il exerce les métiers de boucher et de couvreur. Au moment de son mariage, il est âgé de 40 ans, il est habitant, donc déjà installé en Nouvelle-France. Âgée d’environ 28 ans, Anne a probablement été sensible au bien-être que la situation de son époux pouvait lui apporter. Les témoins au mariage sont Louis Arthus de Sailly, marchand, juge royal, Claude Robutel de Saint André arrivé lui aussi avec la recrue de 1653, administrateur de la Compagnie des Cent-Associés. Robutel retourne en France en 1656, devient recruteur et revient en 1659 avec son épouse et la nouvelle recrue. Le mariage d’Anne et de Guillaume est béni par Gabriel Souart, curé de la paroisse Notre-Dame de Montréal. Les époux, ainsi que de Sailly et Robutel, ont signé le registre avec le curé. Anne donne naissance à deux filles, Marie et Catherine. Elle a environ 30 ans à la naissance de l’aînée et environ 32 ans à la naissance de la benjamine.
Guillaume pratique le métier de couvreur tout au long de sa vie. Mais il ne met pas de côté son rôle de défricheur qu’il exerce, en premier lieu, sur une terre de trente arpents dont il reçoit des Sulpiciens le titre en 1665, trois ans après en avoir commencé le défrichement. Au recensement de 1667, il a réussi à mettre en valeur quatre arpents de cette terre. Le 6 mars 1665, il reçoit du sieur Le Moyne une terre de soixante arpents située dans la seigneurie de Longueuil. Ce n’est qu’après avoir vendu sa terre de Montréal, en août 1669, à Jean Corron, maître tourneur, époux de Michelle Archambault, qu’il s’établit à Longueuil, devenant un des pionniers de cette seigneurie. Au recensement de 1681 à Longueuil, il est âgé de près de 57 ans et neuf arpents de sa terre ont été mis en valeur.
Deuxième mariage
Anne Loiseau, veuve à environ 51 ans, mais sans charge d’enfants, se marie en deuxièmes noces avec Charles Lemoine dit Labranche, dit Charleville, fils de Charles Lemoyne et de Barbe Lecours. Un contrat de mariage est signé sans témoin le 29 juin 1688 devant le notaire Claude Maugue. Ce deuxième époux, originaire de SaintRémi, ville de Clères, évêché de Rouen en Normandie, est soldat de la compagnie de M. de Longueuil. Le mariage est célébré le 2 août 1688 par le curé Étienne Guyotte dans la paroisse Notre-Dame de Montréal. Assistent à la cérémonie Étienne Trudeau, charpentier, et Guillaume Loyau sur lequel nous n’avons aucune information. Aucun enfant ne naîtra de cette union.
Décès
Charles Lemoine est tué par les Iroquois le 1 er juillet 1695 au lac des Deux Montagnes. Il est inhumé le lendemain dans la paroisse Notre-Dame de Montréal. Nous ne connaissons pas la date du décès d’Anne Loiseau.
Famille
1. Marie Gendron est baptisée le 10 décembre 1666 à la paroisse Notre-Dame de Montréal, l’acte n’est pas signé. Ses parrain et marraine sont Claude Robutel de Saint-André, témoin au mariage de ses parents, et Marie Moyen, orpheline de Jean Baptiste Moyen et d’Élisabeth Lebret tués par les Iroquois le 27 mai 1655 à Cap-Saint-Ignace. À la suite de cet événement, Marie Moyen fut confiée à la garde de Jeanne Mance.
Le 6 avril 1679, dans la paroisse de la Très-Sainte-Famille de Boucherville, Marie Gendron épouse René Poupart dit Lafleur, fils de Pierre Poupart et de Marie Boutet. René est né vers 1650 à Plesse, évêché de Nantes en Bretagne, il est habitant de Chambly. Marie et René auront quatre enfants. René arrive en Nouvelle-France en 1665, sur Le Vieux Siméon. Il est soldat du régiment de Carignan-Salière, compagnie de Chambly. Après sa démobilisation, il reçoit deux concessions à Chambly. En 1681, au moment du recensement, il a réussi à défricher dix arpents. Mais ses intérêts se tournent vers la traite des fourrures. Le couple quitte Chambly pour s’établir définitivement à Hill Water au New Jersey. Marie donne naissance à quatre enfants, deux garçons et deux filles.
Marie Gendron décède hors du Québec, probablement au New Jersey dans les colonies anglaises où naissent ses deux derniers enfants, Marie et Élisabeth. Les garçons René et Joseph sont nés à Contrecœur. Tous vont se marier, mais seule Marie Poupart le fait dans les colonies anglaises.
2. Catherine Gendron est baptisée le 11 novembre 1668 dans la même paroisse que son aînée. Pierre Caillé, tailleur d’habits, devient son parrain et la marraine est Catherine Delarau, épouse de Gabriel Barbier dit Minime, charpentier.
Elle épouse Antoine Poudret dans la paroisse de la Très-SainteFamille de Boucherville le 19 août 1689. Quelques jours plus tôt, le 11 août, Antoine et Catherine avaient signé un contrat de mariage devant le notaire Bénigne Basset. Antoine né vers 1659 dans la ville de Poitiers, département de la Vienne, est maître boulanger et meunier. Il est le fils d’Antoine Poudret et de Jeanne Bonin et le petit-fils de Nicolas Poudret et de Thoinette Raueau. Le curé Pierre Decaumont de Longueuil préside la cérémonie. Plusieurs personnes sont présentes au mariage : Étienne Trudeau, maître charpentier de Longueuil, et son épouse Adrienne Barbier, Catherine Lavaux, épouse de Gilbert Barbier dit Minime, maître charpentier, pionnier de Montréal arrivé avec la recrue de 1642, Julien Blois de Montréal et le mari de sa fille Charlotte Marguerite, Vincent Lenoir, menuisier de Montréal et Jean Bourhis Boulerice, menuisier de Montréal. La famille de Catherine et d’Antoine comptera six enfants, trois filles et trois garçons. Un garçon et une fille se marieront.
Catherine Gendron décède à l’Hôtel-Dieu de Montréal à l’âge de 63 ans le 12 février 1732. Son beau-fils Jean Poupart, époux de sa fille Marguerite, sera présent lors de la cérémonie de sépulture le lendemain dans la paroisse Notre-Dame de Montréal. Âgé d’environ 78 ans, Antoine décède le 27 juin et est inhumé le 28 juin 1737 dans le cimetière de la paroisse Notre-Dame de Montréal.
Conclusion
Anne Loiseau, femme de peu d’histoire, n’est pas sans intérêt puisque, par ses deux filles, elle assura la survie de la NouvelleFrance. Elle était venue pour se marier, fonder une famille et aussi pour retenir un homme au pays. Elle mena à terme son projet. Que l’histoire garde en mémoire son nom !
Marie Royal
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