10,9Fille a Marier Arrive a Montréal avec La Grande Recrue de 1653 le 16 Novembre 1653
La mort soudaine de Toussaint, fils à l'âge de deux ans et l'assassinat de leur fille
Marie-Thérèse inhumée le 17 août 1689 n'ont pas été les seuls tragédies de cette famille.
Un an après la mort de sa fille, le 13 septembre 1690 Toussaint est à son tour asssassiné sauvagement par le sieur Dumont de Blaignac, lieutenant d'un détachement d'une société d'assurance maritime.
Toussaint a été mortellement touché par un coup d'épée dudit Blaignac qui s'est enfui immédiatement.
Son évasion a été une réussite car jamais il n'a été retrouvé et jugé devant un tribunal.
L'assassinat de Toussaint Hunault reste à jamais impuni. Gabriel Dumont, baron de Blaignac, était bien connu en Nouvelle-France. Il avait signé un contrat de mariage
avec Catherine Nolan, fille du commissaire d'armurerie Pierre Nolan et de Catherine Houart.
Apparemment, il était bien connu en Nouvelle-France, car en février 1665, Gabriel Dumont, le baron
de Blaignac avait signé au Québec un contrat de mariage avec Catherine Nolan, fille du commissaire d'artillerie, Pierre Nolan et Catherine Houart.
Le contrat a été annulé le 5 avril 1666.
La famille Hunault a essayé d'obtenir justice en renonçant à ses droits civils à Charles
de Couagne, le marchand à qui Toussaint devait de l'argent. Charles Couagne donnat une somme d'argent à la veuve Marie Lorgueil et intenta un procès par contumace
contre Gabriel Dumont, baron de Blaignac
Mais, il n'obtint aucun résultat. Personne ne connait la cause de l'assassinat de
Toussaint.
9Il fut assassiné par un coup d'épée par le Lieutenant Dumont de Blaignac, lieutenant (R. Jetté). Acte du notaire Basset le 10 octobre 1690 - Acte à Montréal pas trouvé
le 13 septembre 1690, Toussaint Hunault est assassiné par le lieutenant de marine Dumont de Blaignac qui lui transperce le corps, d’un coup d’épée. Dumont de Blaignac se sauve et il n’est jamais capturé.169Engagé le 18-4-1653 La Flèche. Fait parti de La Grande Recrue de 1653
Arrivé à Montréal le 16-11-1653 (R. Jetté)
9HUNAULT dit DESCHAMPS, Toussaint, natif de la paroisse St-Pierre-aux-Champs, proche Gournay, en Normandie (Oise), s'engagea le 18 avril 1653 (gr. Lafousse) à faire partie de la recrue. Or, 1l se rendit en effet à Saint-Nazaire, et reconnut, avant le départ, avoir reçu 120 livres en avancement de ses gages. Le nom de sa paroisse natale le fit surnommer Deschamps, qui est le nom sous lequel ses descendants sont aujourd'hui connus (Faillon, Hist., II, 547). Il s'était engagé pour 5 ans comme laboureur et défricheur moyennant 75 livres de gages par année (Soeur Mon-doux, RHAF II, 68). A Villemarie, Hunault décide de se fixer en permanence dans ce beau pays et il reçoit sa concession dès le 24 juillet 1654 de
M. de Maisonneuve (BRH 33 (1927), p. 228).
Un an après son arrivée
il épouse à Montréal, le 23 novembre 1654, Marie Lorgueil, une normande comme lui, fille de Pierre et de Marie Bruyère, de Saint-Vivien de Rouen.** Les époux ne tardèrent pas à élever une famille de dix enfants. Le 16 septembre 1665, le couple vend sa terre de 30 arpents à Pierre Chauvin et son épouse (gr. de Monchy). Déjà, au recensement de 1666, Toussaint Hu-nault a 38 ans, sa femme 28, et ils ont alors six enfants vivants (RAPQ
1935-36, 116). En 1681, le recenseur note que quatre enfants sont encore à charge du père qui a 56 ans, et qu'il y a 4 fusils, 4 bêtes à cornes et 19 arpents en valeur (Sulte, Hist., V, 67c). Le 30 mai 1688, le père Hunault fait rédiger plusieurs contrats par le notaire Adhémar: c'est d'abord une vente à lui faite par le nommé Desroches, un transport à son fils André Hunault, dont quittance le 5 juin suivant, puis une obligation et une constitution de rentes au sieur de Couagne. Le 25 juin 1689 notre colon vend une terre à Michel Desrosiers, mais la transaction ne semble pas heureuse car le pauvre père est obligé de renouveller son obligation au sieur de Couagne le même jour (gr. Adhémar). Le 13 avril 1690 le brave homme fait un compromis avec sa fille Jeanne, épouse d'Adrien Quévillon (gr. Adhémar). Cinq mois plus tard, exactement le 13 septembre 1690, (voir pièce 30) Toussaint Hunault dit Deschamps était lâchement assassiné par le sieur Dumont de Blaignac, lieutenant d'une compagnie d'un détachement de la marine, qui le transperça mortellement d'un coup d'épée dans le corps, et qui prit la fuite immédiatement après. La famille de la victime intenta au meurtrier un procès par contumace et céda ses droits civils en cette affaire au marchand Charles de Couagne.
Ce dernier, en retour, acquittait les héritiers
et la malheureuse veuve pour les obligations du défunt en sa faveur (gr.
Basset, 10 octobre 1690).
Marie Lorgueuil vivait encore le 4 mai 1690
(gr. Adhémar). Nombreuse postérité.
Biographie Hunault Toussaint Le lieu d'origine de l'ancêtre des familles Hunault et Deschamps se lit comme suit dans l'acte de son mariage célébré à Montréal, le 23 novembre 1654 : « parochia Sti Petri diocesis Bellovacensis », c'est-à-dire de la paroisse Saint-Pierre de l'évêché de Beauvais. La désignation est assez vague, mais le contrat d'engagement de cette recrue de 1653 le dit fort heureusement originaire de « Saint-Pierre aux Champs, proche Gournay, en Normandie». Limitrophe de cette dernière province, la paroisse de Saint-Pierre-és-Champs se situait à vrai dire dans l'Ile-de-France et non en Picardie, comme on a pu récemment le prétendre. Elle faisait partie de la généralité de Paris et de l’élection de Beauvais. C'est pourquoi la commune appartient aujourd'hui au département de l'Oise, à la frontière de la Seine-Maritime et pas très loin du département de l'Eure. A quelque six kilomètres seulement au sud de la ville normande de Gournay, elle a toujours été fortement marquée par l'empreinte de la Normandie.
Les registres paroissiaux de Saint-Pierre-ès-Champs conservés aux Archives départementales de l'Oise, à Beauvais, remontent à la fin du 16e siècle. Nous avons pu consulter sur microfilm négatif les baptêmes de la période 1617-1637 (Mi 467), ce qui aurait dû permettre de relever l'acte relatif à Toussaint Hunault s'il s'y trouve. Celui-ci serait en effet né entre 1625 et 1630, d'après les déclarations faites lors des recensements de 1666 (38 ans), 1667 (42 ans) et 1681 (56 ans). Il était fils de Nicolas Hunault et de Marie Benoist, d'après son acte de mariage. Or, voici ce que nous avons retracé à propos de ce couple:
- « Le 18 mai 1620 a esté baptisée Marie fille de Nicolas Hunot et de Marie Benoist
père et mère, ainsi nommée par pierette Benoist, le parrain Philippe (Benoist?). »
- « Le l6e jour du mois de mai 1623 a esté baptisé Jehan Hunot filz de Nicolas
Hunot et de Marie Benoist, son parin Jehan Langlois, sa marrine Barbe Benoist. »
- « Le douzième septembre 1632 a esté baptisé (François?) fils de Nicolas Unot et
de Marye Benoist, son parrain (Barthélémy …?) sa maraine Marye Hunot. »
- « Le 25 juillet 1634 François fils de Nicolas Unot et de Pierrette Duval. »
Ce dernier baptême ne se rattache peut-être pas aux mêmes parents que les trois autres. Il ne semble pas par ailleurs que le baptisé de 1632 puisse se prénommer Toussaint. Mais il est tout de même remarquable que l'intervalle de neuf ans, entre 1623 et 1632, pour lequel nous n’avons relevé aucun acte relatif à la famille Hunault, comprend justement la période pendant laquelle le futur colon canadien a dû naître. Un acte a pu échapper à notre attention, mais pas deux ou trois, car le couple Hunault-Benoit a sûrement eu au moins deux enfants au cours de ce laps de temps. Les registres ne présentent pas non plus de trop grandes difficultés de lecture dans l’ensemble et le microfilm est assez clair. L'ordre chronologique des actes apparaît par contre extrêmement bouleversé et les pages sont fréquemment à l'envers, du moins sur le film. Il se pourrait fort bien que des feuilles aient disparu, à moins qu'elles se trouvent plus loin, avec des actes que nous n'avons pas consultés. Les parents de Toussaint ont pu enfin se déplacer temporairement, de sorte que leurs enfants nés vers 1625-1630 seraient enregistrés dans une autre paroisse.
Un fait demeure qui n'est pas négligeable : la famille de Toussaint Hunault habitait effectivement Saint-Pierre-ès-Champs, la preuve en est maintenant faite. Il est également probable que celui-ci y est né. Il y a en tout cas plusieurs Hunault dans cette paroisse et encore plus de Benoit. Nous avons aussi relevé le nom de Dorillard, qui est celui d'un autre colon du 17e siècle originaire de cette région, Guy Dorillard dit Saint-Jean.
Source : Mémoires SGCF, vol 45, p. 124-125, été 1994.