Arbre Généalogique Guertin Rondeau Family Tree - Person Sheet
Arbre Généalogique Guertin Rondeau Family Tree - Person Sheet
NameMathurin Masta
Birthabt 1643, Saint-Denis-la-Chevasse, Vendée, France2
Death1 May 1688, Montréal, Québec, Canada
Burial1 May 1688, Saint-Enfant-Jésus, Pointe-Aux-Trembles, Québec, Canada2
FlagsLa Recrue de 1659, Ship Saint-André
Spouses
Birthabt 1644, Saint-Étienne-de-Brie-Comte-Robert, France2
Death12 Apr 1728, Saint-François-de-Sales, Laval, Québec, Canada2
Burial13 Apr 1728, Saint-François-De-Sales, Laval, Québec, Canada2
FlagsBiography, Fille du Roi
FatherJean Eloy
Marriage14 Dec 1665, Notre-Dame-De-Montréal, Montréal, Québec, Canada2
ChildrenToussaint (1675-1755)
Notes for Mathurin Masta
Mareteau, Mathurin, fils du précédent, né en 1643 à St-Denis de la Chevasse, en Poitou (Vendée) s’engage le 8 juin 1659 pour Villemarie (gr. Demontreau). Epouse à Montréal, le 14 décembre 1665, Antoinette Èloy, fille de Jean et d’Antoinette Poité, de St-Etienne-en-Brie. Concessionnaire à Montréal le 26 février 1666 (BRH, 1927, p. 383), et mentionné aux trois recensements (cf. Suite, Hist. IV, 60e et 78b, et V, 66e et 72a). Il avait été confirmé à Montréal le 24 août 1660. Pionnier de la Pointeaux-Trembles où il fut inhumé le premier mai 1688. Son épouse, retirée chez son fils, fut inhumée à St-François de Sales, I.J. le 13 avril 1728. Descendance.
Variations: Marsteau, Marsta, Marsetteau, Masta, etc. Il y avait des Masta à Terrebonne en 187 5 (Masson, Généalogie des Familles de Terrebonne, pages 1712-1716).11
Notes for Antoinette-Catherine (Spouse 1)
2Fille du Roi, arrivée en 16653

20Antoinette (Catherine) Éloy (vers 1644-1728)

Autre graphie : Éloi

Origine

Les parents d’Antoinette habitaient en banlieue sud-est de Paris dans un petit village appelé Brie-Comte-Robert. Jean, son père, et Antoinette Poité, sa mère, la firent baptiser sans doute en l’église Saint-Étienne. La date exacte de sa naissance nous est inconnue, probablement vers 1644, de même que le métier de son père et la date de la mort de ses deux parents. Antoinette s’est embarquée pour la Nouvelle-France, probablement sur le SaintJean-Baptiste de Dieppe pour accoster à Québec en 1665 à l’âge de 21 ans environ.

Mariage

Elle choisit Mathurin Masta pour mari, un homme du même âge qu’elle, habile de ses mains, maître maçon et tailleur de pierre, fils de Jacques Masta (ou Matha), maçon lui aussi, et de Marie Coulaude
de Saint-Denis-la-Chevasse dans le Poitou. Le 8 juin 1659, Mathurin s’était embarqué pour la Nouvelle-France avec son père sur le Saint-André. Il arriva seul à Québec. Son père était-il mort en mer, comme cela se produisait souvent ?

Leur mariage fut célébré au début de l’hiver, le lundi 14 décembre 1665 à l’église Notre-Dame de Montréal. Dès février de l’année suivante, les Sulpiciens concédaient un lot à Mathurin. Le 11 février 1667, Antoinette et Mathurin ont la joie de voir naître leur premier enfant, une fille, Cunégonde. Depuis son arrivée au pays, Mathurin avait eu le temps de se construire une bonne maison. C’est aventure périlleuse que d’accoucher dans une cabane en pieux en plein hiver. Lors du recensement de cette année-là, ils possèdent déjà deux arpents de terre en valeur. En novembre 1672, ils louent une vache pour trois ans au sieur Jacques Le Ber, 30 livres par année. Ce fut fort utile. Entre-temps, deux garçons étaient venus grossir la petite famille, Antoine, le 26 août 1669 et Pierre le 18 juillet 1672. Ils ont tous les deux des Filles du Roy comme marraine. Le dernier, Claude Prat et l’autre, Jacqueline Langlois.

Mathurin tirait-il sa subsistance de sa terre ou de son métier de maçon ? Sans doute les deux. En septembre 1675, il décroche un bon contrat des entrepreneurs Gilles de Venne et Pierre Libeau pour la maçonnerie d’un bâtiment de 33 pieds sur 24, en plus de la cheminée attenante. Il touche 100 sols (5 livres) la toise de 6 pieds pour son travail. C’est une maison dont avaient besoin les religieuses Hospitalières de Saint-Joseph à qui sera confiée, l’année suivante, l’administration de l’Hôtel-Dieu.

Vie à Pointe-aux-Trembles

En 1681, on retrouve la famille Masta-Éloy à Pointe-aux-Trembles avec trois enfants de plus, Toussaint, né le 29 janvier 1675, Marie Jeanne, née le 29 novembre 1677, dont la marraine est Jeanne Collet, une Fille du Roy, et Marguerite, née le 12 décembre 1680. Antoinette et Mathurin s’y sont installés entre 1675 et 1677 puisque Toussaint a été baptisé à Notre-Dame et Marie Jeanne à Pointeaux-Trembles. Antoinette et Mathurin ont dû trimer dur car, au moment du recensement de 1681, ils possèdent 4 bêtes à cornes, 4 arpents en valeur et une autre terre avec 2 arpents en valeur sur l’île Sainte-Thérése, en face de Pointe-aux-Trembles. On apprendra, à la mort de Mathurin, qu’il était propriétaire de deux emplacements de 35 sur 70 pieds dans le bourg, sur lesquels étaient construites une maison de 18 sur 16 pieds avec cheminée en pierre et four en terre et une grange de 30 sur 22 pieds C’est, dit-on, par souci de sécurité que les Sulpiciens accordaient des emplacements si petits et si rapprochés.

Par bonheur, tous les enfants Masta grandissent en bonne santé. Cunégonde, douze ans, et Antoine, dix ans, aidaient sûrement aux besognes de la maison et de la fermette. Malheureusement, Antoine se noie dans le fleuve le 18 juillet 1679. Les noyades, la mortalité infantile, les épidémies et les menaces des Iroquois ont fait vivre bien des deuils en Nouvelle-France. C’est une petite fille, Barbe, qui naîtra le 27 du mois d’août 1683 et qui devait donner un nouvel élan à cette maison durant les années qui suivirent.

Malheureusement, à partir du 25 février 1686, une série d’événements ébranleront Antoinette pour longtemps. D’abord le départ de la maison de Cunégonde qui, à 19 ans, se marie le 26 février 1686 avec Jean Baptiste Demers Dumais. Vivent encore à la maison, Pierre et Toussaint, ses deux garçons de quatorze et onze ans, et ses trois filles, Marie Jeanne neuf ans, Marguerite, six ans et Barbe qui n’a pas encore trois ans. Cunégonde a beau avoir déniché un beau parti en ce Jean Baptiste, taillandier de métier, il reste qu’elle quitte Pointe-aux-Trembles pour aller s’établir loin de sa famille, en plein centre de Ville-Marie. 24 • Antoinette (Catherine) Éloy (vers 1644-1728)


Puis, à l’automne 1687, une épidémie de variole se répand avec l’arrivée de l’hiver sur l’ensemble de la Nouvelle-France et fait des centaines de morts, autant chez les colons que chez les Amérindiens. La famille Masta n’est pas épargnée. Antoinette a beau concocter toutes les ponces et les cataplasmes possibles, rien n’y fait. Marie Jeanne et Barbe décèdent le même jour, le 8 novembre 1687. Une tragédie pour la mère, le père et les autres enfants. Leur fille de dix ans, qui s’apprêtait à devenir une femme, et leur bébé, leur consolation et leur joie, disparaissaient à tout jamais de leur vie. Des voisins vivent aussi des déchirements semblables. Un dur coup pour une colonie naissante.

La mort continue de rôder chez les Masta-Éloy. Après 23 ans de mariage pour le meilleur et pour le pire, Mathurin décède à son tour à 44 ans. Il est enterré dans le cimetière de Pointe-aux-Trembles le premier mai 1688. Veuve à 44 ans, Antoinette doit composer avec sa peine, son ennui et tous les tracas matériels qu’elle doit gérer du mieux qu’elle peut. Son plus vieux, Pierre, n’a que seize ans. Toutes ces épreuves s’empilent sur ses épaules. Elle choisira de les porter seule puisqu’elle ne se remariera pas.

La vie hélas ne lui offrira pas de répit. Il fallait que les Iroquois s’en mêlent. Non assouvis par leur vengeance de Lachine en 1689, ils en remettent et attaquent les habitants de Pointe-aux-Trembles le matin du 2 juillet 1690. Un groupe de 25 hommes du bourg, sous le commandement du sieur de Colombet, lieutenant à la retraite, décident de sortir du fort et d’aller les attaquer sur la rive du fleuve. Quatre fois plus nombreux, les Iroquois tuent dix colons et font cinq prisonniers. Ils font rôtir quatre de ces captifs, alors que le cinquième ne reviendra au village que quelques années plus tard. Le plus jeune des colons morts sur le champ de bataille de la coulée Grou avait dix-huit ans et c’était Pierre Masta, le fils d’Antoinette sur qui elle comptait pour l’épauler et l’aider à passer à travers ses années de misère.

Une autre épreuve la frappe trois mois plus tard. Cette fois, c’est sa fille aînée Cunégonde qui pleure le départ de son bien-aimé mari, Jean Baptiste, le 25 octobre 1690, après seulement quatre ans de mariage alors qu’elle est enceinte de Jean, son troisième enfant, qui naîtra le l5 décembre suivant. Comme si ce n’était pas assez, les Iroquois brûleront la maison d’Antoinette l’année suivante, faisant disparaître à jamais son contrat de mariage devant le notaire et tous ses papiers. L’histoire ne dit pas combien de temps il fallut à cette brave Fille du Roy pour se remettre de ces épreuves. Antoinette surnagea et prit en main les affaires de la famille. Elle qui ne savait pas écrire lors de son mariage, voilà qu’elle appose sa signature au bas des actes notariés. Bien plus, c’est du nom de Catherine qu’elle signe. Son second prénom de baptême.

Le 10 mars 1693, elle demande à être nommée tutrice de ses enfants mineurs – âgés de moins de 25 ans – Toussaint et Marguerite. Et le 6 avril, elle fait procéder à l’inventaire des biens de Mathurin par le notaire Adhémar. On y apprend que les biens meubles et les animaux sont évalués à 572 livres et 6 sols, que les deux emplacements de Pointe-aux-Trembles où sont bâties la maison et la grange valent respectivement 180 et 200 livres. Il est mentionné aussi que les deux terres de 60 arpents à la côte Saint-Jean et de 45 arpents à l’île Sainte-Thérèse sont estimées respectivement à 1 200 livres et 300 livres. Avec ces avoirs, elle devra régler la succession ainsi que diverses dettes.

Sa fille Cunégonde, demeurée veuve pendant six ans après la mort de Jean Baptiste Demers, se remarie en 1696 avec Joseph Dambournay à l’église Notre-Dame. Le temps était venu pour sa sœur Marguerite de se marier à son tour. À dix-sept ans, elle épouse Jean Baptiste Lalonde, un gars de Ville-Marie, le 3 février 1698. Il ne reste plus à la maison avec Antoinette (ou plutôt Catherine) que son Toussaint qui ne se mariera que quatre ans plus tard.

Au fil de la vie, ses dettes se sont accumulées. Le 13 mars 1698, elle doit au marchand Perthuis, chez qui elle s’approvisionnait, 427 livres et 15 sols. À l’automne 1698, le 17 novembre, elle vend à Jean Hayet dit Saint Malo sa terre de l’île Saint Thérèse pour 600 livres, avec quoi elle paye une partie de ses dettes et des parts de succession à ses enfants. La vente de sa terre n’a pas suffi. Sa dette envers Perthuis augmente. Mais une dette, ce n’est rien à comparer à la perte d’un être cher. Quand il ne nous reste plus que trois enfants sur sept et qu’une des filles meurt, c’est l’effondrement. Sa petite Marguerite de dix-neuf ans, mariée depuis si peu, décède le 22 septembre 1699. Elle est enterrée à Pointe-aux-Trembles. Elle a perdu la vie à la suite de complications à l’accouchement de son petit François qui aura plus de chance qu’elle et donnera naissance à une longue descendance de Lalonde.

Les années s’effacent au calendrier, mais pas les dettes. Catherine doit toujours de l’argent au marchand Perthuis. D’autant plus que son gendre devenu veuf, Jean Baptiste Lalonde, reconnaît en octobre 1700 avoir reçu de ce marchand 150 livres en marchandises sur la part de succession qui revenait à Marguerite. Et Toussaint donne à sa mère quittance de 300 livres sur sa part. Il vient d’atteindre sa majorité. Deux ans plus tard, le 14 février 1702, il se marie avec Marie Thérèse Leclerc à l’Île Jésus. Il quitte la maison pour demeurer dans la paroisse Saint-François-de-Sales de l’île Jésus et y fonder un foyer. À 58 ans, Catherine demeure tout fin seule à Pointe-aux-Trembles.

Elle poursuit ses transactions. Le 31 août 1705, elle vend à Jean Latour la terre de Pointe-aux-Trembles ayant appartenu à son défunt mari, ainsi que deux bœufs, pour 1 600 livres. Ce dernier s’engageait aussi à rembourser quelques autres de ses dettes et à verser pour elle 130 livres aux Sulpiciens, somme qu’elle leur devait pour une concession sur la côte Saint-Léonard, 60 livres à Charles de Couagne et 834 livres au marchand Pierre Perthuis. Jean Latour lui permettait également de rester dans sa maison jusqu’au printemps suivant et de prendre du bois sur la terre pour se chauffer.

À 67 ans, tombée malade, elle est recueillie par sa petite-fille Marie Anne, née du premier mariage de Cunégonde et mariée à Robert Chartier, un habitant de la côte Saint-Léonard. Le 3 février 1710, elle dicte son testament au curé de Pointe-aux-Trembles, Benoît Roche. Elle laisse 425 livres à ses enfants, 25 livres aux Récollets, un de ses deux emplacements dans le bourg de Pointeaux-Trembles à Toussaint et à Marie Anne et l’autre à la Fabrique pour payer son enterrement. Ce qui resterait, le cas échant, servirait à payer des messes pour le repos de son âme.

Mais elle prit du mieux et se remit de sa maladie. Le 7 décembre 1713, elle passe un contrat avec Pierre Coiteux pour assurer ses vieux jours en lui vendant sa terre à la côte Saint-Léonard moyennant douze minots de blé et deux cordes de bois livrables chaque Noël à sa maison de Pointe-aux-Trembles. Il doit aussi lui fournir une vache et payer 50 livres à la Fabrique pour faire dire des messes après sa mort. Elle passe un contrat semblable le 18 août 1724 avec Pierre Roy pour des emplacements dont elle s’est fait remettre les titres par les Sulpiciens, en échange de six minots de blé et de six cordes de bois par année pendant les quatre années suivantes. Un contrat juste à point puisqu’elle s’éteignit en 1728, le 12 avril, à l’âge de 85 ans. Elle fut inhumée le lendemain, dans le cimetière de Saint-François de l’île Jésus, paroisse où demeurait son fils Toussaint.

Catherine Antoinette Éloy et Mathurin Masta (ou Matha) auront participé grandement à l’installation de la jeune nation en Nouvelle-France, particulièrement dans le développement et le peuplement de l’extrémité est de l’île, dite pointe « aux trembles ». Bien que leur famille ait été grandement décimée par les décès, leurs trois enfants survivants furent à l’origine d’une longue descendance.

Mathurin n’aura vu naître avant de mourir, à 44 ans, qu’un seul de ses petits-enfants : la fille de Cunégonde, Marie Marguerite. Catherine Antoinette, elle, aura vu naître 20 de ses petits-enfants et 32 de ses arrière-petits-enfants avant de mourir. La volonté de puissance de la vie reprenait son cours. Et pour longtemps.

Descendance

1. Marie Cunégonde Masta, mariée à Jean Baptiste Demers Dumais le 25 février 1686 à Pointe-aux-Trembles a donné naissance à trois enfants qui se sont tous mariés :

Marguerite Demers avec André Bombardier Labombarde le 12 juin 1706 à Notre-Dame de Montréal.

Marie Anne Demers avec Robert Chartier le 15 novembre 1706 à Pointe-aux Trembles.

Jean Baptiste Demers avec Marie Anne Desroches le 22 novembre 1717 à Pointe-aux-Trembles.

Marie Cunégonde s’est mariée en deuxièmes noces avec Joseph Dambournay le 22 septembre 1696. Ils eurent une fille, Marie Josephe, qui s’est mariée à Pierre Arnoux Lorrain le 25 avril 1716 à Montréal.

2. Marguerite Masta, mariée à Jean Baptiste Lalonde le 3 février 1698 à Pointe-aux-Trembles n’a eu qu’un enfant : François, né le 22 septembre 1699, alors que sa mère décédait le même jour. Il s’est marié à Marie Josephe Trottier. Et ils eurent treize enfants.

3. Toussaint Masta marié à Marie Thérèse Leclerc le 14 février 1702 à Saint-François-de-Sales de l’île Jésus. Ils eurent seize enfants, dont onze se sont mariés.

Rédaction : Yves Chevrier Recherche Estelle Simard et Yvette Dumont20
Notes for Mathurin & Antoinette-Catherine (Family)
7 enfants de cette union3
Last Modified 20 Jan 2024Created 7 Jun 2024 using Reunion for Macintosh
Mis a jour le 07 Juin 2024. Last updated 07 Juin 2024
Familles Guertin et Rondeau