Gabriel Decelles dit Duclos est un citoyen respecté de la nouvelle bourgade. Le fondateur de Montréal lui a octroyé en 1654 une terre de trente arpents proche du fort de Ville-Marie[8]. En 1664, quand Maisonneuve demande aux habitants de se réunir «pour élire cinq personnes notables qui auront le pouvoir de juger et régler toutes manières concernant la police nécessaire pour le bien de cette habitation»[9], le mari de Barbe Poisson fait partie des personnes choisies. Sept ans plus tard, il est élu syndic de Montréal[10]. Il décède en 1671 vers l’âge de 48 ans, laissant Barbe veuve pour une seconde fois.
10Fille a Marier.
“There were two more marriages in Montréal the following year. Marguerite Charlot married Louis Loisel on January 13, 1648. In the fall, on October 12, 1648, Barbe Poisson, who was then about fifteen, married Léonard Lucos. Governor Maisonneuve attended both weddings. Barbe had come to New France with a sister and brother in the summer of 1647. Her sister Mathurine married Jacques Aubuchon on October 8th of that year and settled in Trois-Rivières. Her brother Jean arrived with a wife and infant child and they, too, soon settled in Trois-Rivières.”
— The Women of Ville-Marie: Pioneers of Seventeenth-Century Montréal by Susan McNelley15
Le courage de Barbe Poisson
lundi 22 août 2011
Dans les premiers temps de Montréal,
Barbe Poisson (une de nos ancêtres côté Vaillancourt) posait un geste héroïque qui a été souligné entre autres par le supérieur des Sulpiciens Dollier de Casson dans son Histoire du Montréal.
L’épisode a eu lieu en 1661. Barbe Poisson vivait alors à Ville-Marie depuis au moins 1648. Nous savons que la ville a été fondée par Maisonneuve en 1642. Au moment des faits, elle était l’épouse en secondes noces de Gabriel Celle dit Duclos.
Gravure tirée de La vie de Mademoiselle Mance de l'abbé Faillon
Citons l’abbé Faillon qui raconte ainsi les faits :
« Le 25 février 1661, un certain nombre de colons de Ville-marie étant allés travailler dans les champs, avaient négligé de porter leurs armes avec eux, nonobstant la défense faite à tous par M. de Maisonneuve de sortir ainsi. Comme on était dans la saison de l’hiver, ces travailleurs avaient pensé que cette précaution était alors inutile, sachant par expérience que les Iroquois n’avaient pas coutume de paraître dans ce temps de l’année; mais tout à coup ils se voient invertis par cent soixante ennemis qui, les trouvant sans défense, font tout d’abord treize prisonniers. Les autres, incapables de repousser l’ennemi avec leurs instruments de travail, à l’exception de Charles Le Moyne, qui était armé d’un pistolet, prennent incontinent la fuite pour regagner l’habitation. Dans cette extrémité, tous ces colons, sur le point d’être pris, durent leur salut à une femme de cœur, madame du Clos, qui, les voyant poursuivis, sans armes pour se défendre, et n’ayant aucun homme chez elle pour aller les secourir, prend à l’instant une charge d’arquebuses sur ses épaules, et sans craindre une nuée d’Iroquois qu’elle voit répandus de toutes parts jusqu’à sa maison, elle court au-devant des colons, surtout au-devant de M. Le Moyne, que les ennemis étaient sur le point de saisir, et lui remet incontinent sa charge. Ce secours inattendu fortifia merveilleusement tous ces colons et diminua de beaucoup l’audace des Iroquois.»
[1]Bronze représentant Charles Le Moyne, situé à la Place d'Armes, œuvre de Louis-Philippe Hébert
L’abbé Faillon, relatant cet exploit dans son Histoire de Mademoiselle Mance, ne cache pas son admiration pour notre ancêtre en qualifiant le geste d’«action audacieuse comparable à tout ce qu’on lit de plus extraordinaire en fait de courage dans l’histoire des Grecs et des Romains»
[2]À l’hiver 1661, Barbe Poisson avait de bonnes raisons d’être sur le qui-vive et d’appréhender constamment les Iroquois. Une dizaine d’années auparavant, son premier mari, Léonard Lucault dit Barbot avait succombé à des blessures infligées par les Iroquois lors d’une attaque
[3]. L’année suivante, son frère Jean Poisson était capturé par les Iroquois à Trois-Rivières, probablement martyrisé, il ne donna plus jamais signe de vie
[4].
Par la suite, deux de ses gendres affronteront ces mêmes Iroquois. René Cuillerier, époux de sa fille Marie Lucault, sera enlevé par eux à l’automne de la même année. Après avoir été battu et avoir eu les ongles arrachés, il est épargné grâce à une Amérindienne qui demande à l’adopter pour remplacer son frère. Puis, il réussit à s’enfuir au moment d’une expédition de chasse près de Fort Orange en 1663. Il revient à Québec en passant par Boston
[5].
Fort Orange, premier établissement permanent hollandais dans l'actuel État de New York situé dans la ville actuelle d'Albany
Enfin en 1690, Joseph Cartier dit Larose, l’époux de sa fille Marguerite Barbe Celle, connaîtra également la mort aux mains des Iroquois à la
bataille de la coulée Grou.
Sa vie en Nouvelle-FranceBarbe Poisson, originaire de Mortagne dans le Perche, est arrivée en Nouvelle-France avec sa famille peu après la fondation de Montréal. Elle épouse Léonard Lucault le 12 octobre 1648 à Montréal. Monsieur de Maisonneuve est présent lors de l’événement. Un seul enfant naîtra de cette union
[6], une fille prénommée Marie, notre ancêtre.
Le Sieur Chomedey de Maisonneuve
Quelques mois après le décès de son premier époux, le 19 novembre 1651, Barbe Poisson se marie avec Gabriel Celle dit Duclos, un Normand originaire de Nonant près de Bayeux dans le Calvados. Elle aura 10 autres enfants. En 1665, elle met au monde des triplés
[7], un garçon et deux filles. Malheureusement, le fils, Claude, meurt le lendemain et les deux filles Marie et Jeanne ne survivent que trois jours.
On constate ici que le parrain de Jeanne est le fondateur de Montréal et sa marraine est nulle autre que la célèbre Jeanne Mance. Un autre personnage important de Ville-Marie, Lambert Closse avait accepté d’être le parrain de leur fils Gabriel en 1660.
Lambert Closse et sa chienne - sculpture de Maisonneuve à Montréal
Son second époux Gabriel Celle dit Duclos est un citoyen respecté de la nouvelle bourgade. Le fondateur de Montréal lui a octroyé en 1654 une terre de trente arpents proche du fort de Ville-Marie
[8]. En 1664, quand Maisonneuve demande aux habitants de se réunir «pour élire cinq personnes notables qui auront le pouvoir de juger et régler toutes manières concernant la police nécessaire pour le bien de cette habitation»
[9], le mari de Barbe Poisson fait partie des personnes choisies. Sept ans plus tard, il est élu syndic de Montréal
[10]. Il décède en 1671 vers l’âge de 48 ans, laissant Barbe veuve pour une seconde fois.
Elle mourra 40 ans plus tard, le 7 janvier 1711. Entretemps, son nom se trouvera dans plusieurs transactions. Pieuse, elle sera reçue à la Confrérie de la Sainte Famille en 1677 fondée quelques douze ans plus tôt par Mgr de Laval. Dans son testament dicté en 1691, elle demande aux récollets de dire des messes pour le repos de son âme. En 1710, dans un nouveau testament, elle souhaite être enterrée dans l’église. Le registre ne permet pas de savoir si son vœu a été exaucé. On y apprend, par contre, que son âge était alors estimé à 80 ans.
Famille de Barbe Poisson au recensement de 1666
Marie Vaillancourt
[1] FAILLON, Abbé Étienne-Michel, Histoire de la colonie française Vol. 2, Ville-Marie, Bibliothèque paroissiale, p. 427-428
[2] FAILLON, Abbé Étienne-Michel, La vie de Mademoiselle Mance, Vol. 1, Ville-Marie, p. 254-255
[3] Journal des Jésuites.
[4] GODBOUT, Archange, Mémoires de la Société de généalogique canadienne-française, Vol 8, n4p. 218.
[5] LANGLOIS, Michel, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois, tome 1, p. 493.
[6] LANGLOIS, Michel, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois, tome 2, p. 308.
[7] PRÉVOST, Robert, Figures de proue du Québec, Éditions Stanké, 2000, p. 122-123
[8] LANGLOIS, Michel, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois, tome 1, p. 366.
[9] BOYER, Raymond, Les crimes et les châtiments au Canada français du XVIIe au XXe siècle, L’Encyclopédie du Canada français, 1966. p.46.
[10] LANGLOIS, Michel, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois, tome 1, p. 367.
BARBE POISSON, UNE FEMME BIEN COURAGEUSE
En février 1661, 150 Iroquois attaquent par surprise Montréal.
Barde Poisson fait un geste courageux que décrit Dollier de Casson : « Comme il n'y avait aucun homme aux alentours, elle prit elle-même une brassée de fusils, et sans craindre une nuée d'Iroquois qu'elle voyait inonder de toutes parts jusqu'à sa maison, elle courut au-devant de nos Français qui étaient poursuivis, et surtout au-devant de monsieur Le Moyne qui avait quasi les ennemis sur ses épaules et prêts à le saisir; étant arrivée à lui elle lui remit les armes, ce qui fortifia merveilleusement tous les Français et retint les ennemis. Source: Facebook, Musée de la Neufve-France Group
Barbe Poisson, Defender of the Settlers
By Madeleine Cousineau (direct descendant of Barbe Poisson)
Barbe Poison arrived in New France as a Fille a Marier and settled in Montreal. On October 12, 1648, she married Leonard Lucault. They had one child before Lucault was killed in an Iroquois raid in 1651. On November 19 of that year, Barbe married Gabriel Celle dit du Clos, Lord of Sailly. They had ten children, seven of whom survived infancy.
Madame du Clos is best known for warding off another raid on February 26, 1661, when she saw more than a hundred Iroquois attacking a small group of men, including her husband, who were working in a field near her home. Grabbing every weapon she could find she ran out of the house and tossed the guns to the men while screaming, "You killed my first husband! You're not getting this one, too!" Whether because of the weapons or the sight and sound of this raging woman, or perhaps both, the Iroquois retreated.
Source: Étienne-Michel Faillon, Vie de Mlle Mance et histoire de l'Hôtel-Dieu de Villemarie dans l’ile de Montréal, en Canada, 1854, Vol.1, pp. 254-255.
Le 6 mai 1651, Jean Boudart et Jean Cicot ou Sicotte furent surpris dans les champs par huit ou dix Iroquois qui cherchèrent à les faire
Sicotte joue des pieds et des poings
prisonniers. Tandis que Boudart s'enfuyait vers sa demeure, il rencontra sa femme qui fut bientôt prisonnière des Iroquois ; entendant crier son épouse, Boudart fonce sur les ennemis et tape si dru sur eux à coups de poings qu'ils n'en purent venir à bout sans le tuer. Les Iroquois emmenèrent la femme dans leurs bourgades pour la faire mourir dans les sup plices.
Quant à Sicotte, découvert par les Iroquois, sous un arbre ou il s'était caché, il joua si bien des pieds et des poings, qu'ils ne purent le faire prisonnier. Craignant d'être poursuivis par les Français, ils le renversent sur le sol et lui enlèvent la chevelure. Sicotte guérit et vécut encore quatorze ans.
MM. Le Moyne et Archambault, assistés d'un brave colon, accoururent pour défendre Sicotte, Boudart et sa femme. Se trouvant en présence de quarante Iroquois, qui étaient cachés derrière l'Hôtel-Dieu, ils font volte-face et se réfugient dans l'hôpital, dont heureusement la porte est ouverte, et s'y barricadent. Mademoiselle Mance se trouvait seule en ce moment. Sans ce secours, la maison était sûrement pillée et brûlée.
Quelques jours après, les Iroquois attaquent de nouveau les colons qui reviennent de la messe. Le Moyne accourt à la tête de quelques hommes résolus, tue une trentaine d'Iroquois et met les autres en fuite.
Dix ans plus tard, 1661, les Iroquois, au nombre de 260, attaquent encore les colons à l'improviste. Le Moyne, armé d'un pistolet, tient l'ennemi en respect jusqu'à l'arrivée de la femme
Duclos qui apporte des armes, ce qui permet de mettre les sauvages en fuite. C'est pour récompenser M. Le Moyne des services journaliers qu'il rendait a la colonie de Montréal que le roi lui accorda des titres de noblesse avec les seigneur de Longueuil, de Chateauguay et d’autres.
Source: Passeurs d’histoire - Nouvelle-France, histoire et descendants Facebbook