2,35Décédé entre le 18-10-1689 et le 24-10-1694 (inventaire du 17-11-1696 Charles Rageot) ou entre 22-1-1693 et 13-5-1693 F. Origine
Les héros de Rivière-Ouelle
Octobre 1690. Trente-deux navires anglais, avec 2 000 hommes à leur bord, remontent le Saint-Laurent vers Québec sous le commandement du général William Phips. Rivière-Ouelle est la première paroisse d'importance sur le parcours de l'ennemi qui pourrait s'y approvisionner. Si les paroissiens avaient été pris par surprise, nul doute que les Anglais auraient réussi leur débarquement et que Rivière-Ouelle aurait subi le même sort que Percé où tout fut brûlé et saccagé. Cependant, ayant été informé de la menace, le curé du lieu, l'abbé Pierre de Francheville, réunit les habitants pour préparer la défense. Voici le récit qu'en fait soeur Jeanne Juchereau dans les Annales de l'Hôtel-Dieu. « Les Anglais se mirent en devoir de débarquer à Rivière-Ouelle, mais monsieur de Francheville qui en était curé, rassembla ses paroissiens, les exhorta à ne point laisser descendre les Anglais, leur représenta vivement qu'il y allait de leur bien spirituel et temporel, leur fit prendre à tous les armes et les commanda si heureusement, qu'ayant dressé son embuscade dans l'endroit où l'ennemi pouvait faire leur débarquement, ils attendirent les chaloupes qui venaient bien remplies, et, dès que la première fut à la portée du mousquet, il fit faire dessus une décharge qui tua tous les hommes dont elle était chargée, à la réserve de ceux qui s'enfuirent bien vite; les autres chaloupes ne jugèrent pas à propos de s'exposer au même danger... Ainsi, ayant été si malmenés dès la première fois, ce ne fut pas sans crainte qu'ils tentèrent plusieurs autres fois les moyens de descendre sur nos côtes, et ce fut toujours sans succès... »
La tradition veut que le lieu du débarquement manqué ait été à la Pointe de Rivière-Ouelle, du côté droit de l?embouchure de la rivière. Pour ce qui est du seigneur Deschamps, il semble absent de sa seigneurie à ce moment-là. Si l'abbé Henri-Raymond Casgrain, dans son ouvrage Une paroisse canadienne au XVIIe siècle, soutient que le seigneur se trouvait à Québec pour en assurer la défense, l'auteur Paul-Henri Hudon pense plutôt qu'il devait être allé en France pour régler des affaires puisqu'on n'a pas de trace de lui entre 1689 et 1692.
Références :
Archives de la Côte-du-Sud ; CASGRAIN, Henri-Raymond, Une paroisse canadienne au XVIIe siècle, 1924 ; HUDON, Paul-Henri, À Attaque de Phips sur Québec - 300 ans ?. L'Estuaire généalogique, mai 1990 ; HUDON, Paul-Henri, Rivière-Ouelle de la Bouteillerie, 3 siècles de vie, 1972 ; JETTÉ, René, Dictionnaire généalogique des familles du Québec des origines à 1730, 1983 ; LANGLOIS, Michel, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois (1608-1700), tomes 1, 2, 3, 4 ;
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