9Engage a La Fleche 8 mai 1653 La grande Recrue
9DANNY dit LE TOURANGEAU, Honoré, maître-charpentier, né en 1629, et fils de Martin et d'Etiennette Badoville, de Moutoux, évêché de Tours (Tanguay, I, p. 157), ou de Mouloux près de Tours (Faillon, Hist., II, 539), ou encore de Moubouy proche la ville de Tours, (Sr Mon-doux, dans RHAF II, 70) s'engagea pour Villemarie le 8 mai 1653 et on lui avança 127 livres au départ de Saint-Nazaire.
Les nombreux marchés
qu'il fit ne se comptent pas; signalons les principaux, tous au greffe du notaire Basset : le 6 octobre 1665 avec Mathurin Thibaudeau, le 6 août 1667 avec Jean-Baptiste Migeon, Paul Benoit et Daniel Panier, le 3 juin
1668 avec Marin Hurtubise, le 25 août 1673 avec Barthélémy Lemaistre, le 28 mars 1674 avec Jean Décary dit Lehoux, le 4 juin 1675 avec le procu-reur-fiscal au sujet du pont Prudhomme, le 11 août 1675 avec Jean-Baptiste Migeon, le 15 septembre 1675 avec René Culerier, et le 20 juillet 1676 avec Barthélémy Vinet dit Larente. Le 9 septembre 1658, Honoré Danny dit le Tourangeau passait un contrat de mariage avec Marie Bédard (gr.
Basset) fille de Guillaume et de Catherine Mochet, de St-Pierre d'Alençon, évêché du Mans, qu'il épousait à Villemarie le 23 septembre suivant. Elle mourut prématurément et fut inhumée à Montréal le 17 juin 1664, tandis que le notaire Basset dressait l'inventaire de la communauté de biens pour Protéger les deux héritiers que laissait Marie Bédard. Honoré Danny s'enrôla dans la milice de la Sainte-Famille et devint caporal de la 16e escouade (Faillon, Hist., II, 18). Le 20 mars 1666, notre colon convolait avec Périnne de Lapierre, âgé de 20 ans. Le recensement de cette même année, fait au tout début de l'année, le mentionne comme veuf et lui donne 38 ans
(RAPQ 1935-36, 127).
Le 25 janvier 1673, Honoré Danny transigeait
avec Jean Milot (gr. Basset), et le 11 décembre suivant, les dames Religieuses de l'Hôpital faisaient borner leurs terres avec celle de notre charpentier (gr. Basset). Le 12 juillet de cette même année 1673, Danny et son épouse témoignaient au procès Pierre Verrier dit La Solaye, accusé d'un vol de peaux de castors (Doc. Judiciaires, arch. de Montréal). Danny était habile charpentier et il était recherché également comme expert, en font foi les quelques rapports qui nous ont été conservés, notamment le 5 mars 1674 en faveur de Pierre Godin, (voir pièce 15) et le 25 novembre 1677 à la requête de Jacques LeMoyne et Pierre Verrier (gr. Basset). Le 15 mars 1676 le gouverneur Perrot lui consent un bail à ferme (gr. Basset). Honoré Danny dit le Tourangeau était le voisin de Jean Leroy et de Sébastien Hervé au recensement de 1681, et voici ce qui est dit à son sujet : Honoré Dany, charpentier, 53; Perrine Lapierre, sa femme, 35; enfants : Jean 14, Honoré 12, Catherine 10, Pétronille 9, Jeanne 8, Paul 6, Nicolas 4: 4 bêtes à cornes; 30 arpents en valeur*
Danny, père, et Pétronille et Jean Danny ont été les pénibles témoins du meurtre de Claude Jodoin par le soldat Nicolas Martin dit Jolicoeur (docu-ments judiciaires, Arch. de Montréal, 17 et 23 octobre 1686). Le premier juin 1687, Danny et son épouse faisaient une constitution de rente de 20 livres "à percevoir annuellement et à perpétuité" en faveur de Charles de Couagne (gr. Cabazié). Le 9 septembre 1688, Honoré Danny demandait une enquête sur un vol commis par Joseph Serran dit l'Espagnol et le 17 septembre, au cours de l'enquête en question, le père Danny se plaignit que Serran et sa femme, Marguerite Viards, lui avaient ravagé et volé ses melons et autres produits fruitiers de sa terre. Or, au cours des témoignages il fut pouvé que les époux Serran s'en revenaient paisiblement chez eux après avoir fait la récolte de leurs propres fruits. Comme il fallait s'y attendre, Joseph Serran dit l'Espagnol accusa à son tour Jean Danny, fils, de lui avoir enlevé de force, sur le chemin, des melons et autres fruits et c'est ce dernier qui fut condamné (doc. judiciaires, Archives de Mtl., les 9, 17, 22, 23 et 24 septembre 1688). Au reste, l'affaire n'eut pas de suites fâcheuses car le couple Serran-l'Espagnol engagèrent Honoré Danny, fils, le 6 janvier 1689 (gr. Adhémar). Entre temps, Honoré Danny, père, avait passé un marché avec le sieur de Couagne le 29 septembre 1688 et un autre avec Pierre Gadois le 15 novembre suivant (gr. Adhemar). Un grand malheur allait s'abattre sur la famille Danny en 1689 : Jeanne, âgée de 16 ans, fut assassinée à coups de hache par un sauvage iroquois nommé Teagaragero.
Le rapport de l'enquête du chirurgien Jean Martinet dit Tourblanche constata également le viol de la jeune fille (doc. judiciaires, Arch. de Mtl., 12 et 15 juillet 1689).
Cette tragédie précéda un autre malheur. Le brave
ancêtre mourut peu de temps après, car le 25 juin 1690, Perrine Lapierre est désignée comme veuve (gr. Adhémar). Au reste, c'est encore en qualité de veuve qu'elle fait une vente à Le Comte-Dupré le 30 mars 1691 (gr. Ad-hémar). Perrinne Lapierre convola à Lachine le 19 mars 1705 avec Yves Lucas, et elle fut inhumée à Montréal le 24 avril 1712. Nombreuse postérité.
2Fille du Roi, Arrivée en 1665
320Perrine Lapierre (vers 1643-1712)
Autres graphies : Delapierre, Dany, Danys, Dansny, Dasny.
Perrine Lapierre , née vers 1643, est la fille de feu Pierre Lapierre et de feu Claude Leclerc originaires de la paroisse de Saint-Léonard, ville de Corbeil, archevêché de Paris en Île-de-France. Elle arrive en Nouvelle-France en 1665.
Mariage
Le 20 mars 1666, Perrine se marie avec Honoré Danis dit Tourangeau, arrivé au pays avec la recrue de 1653. Maître charpentier, il a signé un engagement de cinq ans à La Flèche le 8 mai 1653. Fils de Martin Dany et d’Étiennette Badouille, Honoré, de Montlouis-sur-Loire arrondissement et archevêché de Tours, en Touraine, est baptisé le 7 juillet 1626 dans la paroisse Saint-Laurent. Le 20 juin 1653, devant le notaire royal J. Belliotte à Saint-Nazaire, il reconnaît avoir reçu la somme de « sept Vingt livres dix sept sols ». La famille Danis compte neuf enfants, huit garçons et une fille, Honoré est l’aîné. Le mariage de Perrine et d’Honoré est célébré dans la paroisse Notre-Dame de Montréal par le curé Gabriel Souart. Une dispense de temps prohibé a été accordée pour ce mariage. Il faut comprendre que le mariage a lieu durant le Carême, période précédant la fête de Pâques, et qu’habituellement les cérémonies de réjouissances sont interdites pendant les jours ou les semaines précédant les fêtes religieuses. Sont présents à la cérémonie Pierre Desautels dit Lapointe, arrivé aussi avec la recrue de 1653, soldat de la 7 e escouade en 1663, marié en janvier 1666 à Marie Rémy, Fille du Roy arrivée en 1665, Claude Jodoin, maître charpentier, qui mariera deux jours plus tard Anne Thomas, Fille du Roy arrivée aussi en 1665 et Jean Daluseau qui, au recensement de 1667 est âgé de 29 ans et qui est soldat de M. Zachary Dupuy. Les trois témoins signent le registre avec le curé. Les nouveaux mariés déclarent ne pas savoir signer. Perrine donnera naissance à onze enfants. Elle a environ 23 ans à la naissance de Charlotte, l’aînée, et environ 41 ans à la naissance du dernier, Charles.
De son premier mariage, le 23 septembre 1659 à Montréal avec Marie Bidard, Honoré a eu deux fils : Jean né le 20 juin 1660 et Jacques né le 8 janvier 1662. Jean a presque six ans au remariage de son père et Jacques quatre ans. À Montréal, au recensement de 1666, les garçons vivent avec leur père et, à celui de 1667, les deux vivent avec leur nouvelle famille. Jacques est absent au recensement de 1681, nous n’avons plus d’informations sur cet enfant.
Le 9 mai 1659, Honoré reçoit des Sulpiciens une terre à la côte Saint-Pierre et, au recensement de 1667, il a quinze arpents de terre défrichée. En mars 1676, il loue, à l’île Perrot, la terre du seigneur François Marie Perrot. Montréal se développe, les contrats de construction se font nombreux : Thibodeau, Migeon de Bransat, Hurtubise, Descarries, Gervaise, Cuillerier et bien d’autres font appel à ses compétences. Aidé d’artisans des métiers de la construction, Honoré ne refusera aucun contrat. Son fils Jean fera aussi partie de son équipe de travail. Le 3 juillet 1689, il a environ 63 ans, il signe son dernier contrat. Sa terre n’est pas négligée pour autant : au recensement de 1681, il a mis 30 arpents en valeur.
Décès
Âgé d’environ 63 ans, Honoré meurt entre le 20 mars et le 22 avril 1690, après une vie de durs labeurs, une vie qu’il avait choisie et qu’il a remplie d’œuvres utiles à ses contemporains.
Veuve vers l’âge de 47 ans, Perrine a encore la charge de cinq garçons mineurs : Jean Baptiste, vingt-deux ans, marié le 10 septembre 1691 ; Honoré, vingt ans, marié le 15 novembre 1694 ; Nicolas, douze ans, marié le 3 février 1705 ; René, dix ans, marié le 28 janvier 1705 ; Charles, 6 ans, marié avant le 31 décembre 1714. Perrine n’oublie pas de préparer l’avenir de ses enfants. Le 5 novembre 1691, elle engage son fils Nicolas, maintenant âgé de 14 ans, à Vincent Lenoir, maître menuisier, pour une durée sept ans. Elle renouvellera cette entente le 10 novembre 1698, mais pour une année seulement. À douze ans, René ira en apprentissage chez Jacques Robidas dit Manseau, maître cordonnier, le 11 mars 1692 pour une période de huit ans.
Deuxième mariage
Perrine Lapierre mariera Yves Lucas dit Saint-Venant ou SaintRenand, maître tonnelier, le 19 mars 1705 dans la paroisse des Saints-Anges-Gardiens de Lachine. Yves Lucas est né vers 1666 dans la paroisse de Saint-Sané à Plouzané dans le Finistère. Il est le fils de François Lucas et de Jeanne Salaun et le petit-fils de François Salaun. Aucun enfant ne naîtra de cette union. Charles, fils cadet de Perrine, a maintenant 21 ans.
Décès
Dans le cimetière de la paroisse Notre-Dame de Montréal, le 24 avril 1712, le corps de Perrine Lapierre est inhumé. Elle a environ 69 ans.
Famille
Tous les enfants de la famille Danis sont nés à Montréal et ont été baptisés dans la paroisse Notre-Dame de Montréal.
1. Charlotte Danis, aura une vie très courte. Baptisée le 21 décembre 1666, elle est inhumée, âgée de trois semaines, le 15 janvier 1667 dans la paroisse de son baptême. Ses parrain et marraine sont Charles Boyer, habitant, conjoint de Marguerite Ténard, Fille du Roy arrivée en 1665, et Jeanne Croisat. Les seules informations que nous avons sur Jeanne concernent sa présence à deux baptêmes, celui de Charlotte et celui de Michel Boivin, fils de Jacques et Marguerite Pelois, Fille du Roy arrivée en 1665.
2. Jean Danis (on le surnommera Jean Baptiste) est baptisé le 17 janvier 1668. Ses parrain et marraine sont Jean Roy Leroy et Marguerite Gervais, fille de Jean Gervais. Le 10 septembre 1691, Jean Danis, habitant, épouse Anne Badel, fille d’André Badel, dit Lamarche et de Barbe Duchesne, Fille du Roy arrivée en 1671. Anne est née vers 1676 au Québec, dans un lieu indéterminé. Elle est âgée d’environ 15 ans, tandis que Jean a 23 ans. Jean Frémont, curé de la paroisse Notre-Dame de Montréal, leur donne la bénédiction nuptiale devant Jean Sabourin, habitant et laboureur, Marie Gaillard, Fille du Roy arrivée en 1669, épouse de Jean Sabourin et Jacques Séguin, époux de Marie Jeanne Badel, sœur de la jeune mariée. Anne accouchera de sept enfants, cinq d’entre eux se marieront, trois garçons et deux filles.
Jean, âgé de 45 ans, décède à l’Hôtel-Dieu de Montréal et est inhumé le 5 octobre 1713 dans le cimetière de la paroisse Notre-Dame de Montréal. Anne a la charge de six enfants âgés entre cinq ans et vingt ans. Elle est inhumée le 12 mai 1742 à Montréal. Au moment de son décès, deux de ses fils vivent encore et peut-être un troisième, dont la date du décès est inconnue.
3. Catherine Danis, jumelle d’Honoré, est baptisée le 30 octobre 1669. Ses parrain et marraine sont Jean Baptiste Migeon Debransat, procureur fiscal de Montréal, et Catherine Primot, épouse de Charles Le Moyne de Longueuil, militaire et riche marchand. Peu avant d’avoir dix-sept ans, Catherine prend pour époux un Vendéen, Pierre Bougon Gougeon, âgé d’environ 27 ans, maître maçon, fils de Pierre Bougon et de Marie Bougron Bougrat. Pierre est né vers 1659 à La Roche sur Yon, baptisé à Saint-Laurent d’Aubigny. Le mariage est célébré le 24 septembre 1686 par le curé Étienne Guyotte, curé de la paroisse Notre-Dame de Montréal. Sont présents au mariage : Jean Clément, fermier avec sa famille sur la terre de Charles Le Moyne à Longueuil, Hugues Messaguier, beau-frère de Jean Danis, époux d’Étiennette Badel, fille d’André Badel et de Barbe Duchesne, Fille du Roy arrivée en 1671, Vincent Poupeau, voyageur aux Outaouais puis agriculteur, qui mariera Madeleine Barsa en 1690 et deviendra le gendre de Françoise Pilois, Fille du Roy arrivée en 1669 et Julien Baleue. Douze enfants naîtront de l’union de Catherine et de Pierre, six filles et un garçon se marieront.
Pierre est inhumé le 26 mai 1727 à Montréal âgé d’environ 68 ans. L’inventaire de ses biens, fait le 13 octobre 1738 par le notaire Raimbault, indique que sa maison vaut 1 000 livres, certainement une maison de pierre bien construite. Les autres bâtiments sont évalués à 700 livres, les animaux et les instruments agricoles valent plus de 643 livres et les autres biens meubles, un peu plus de 226 livres. Six enfants vivent encore, deux sont mariés et les quatre autres se marieront en 1728 et 1729. Chacun obtiendra sa part de l’héritage. Selon la Coutume de Paris, l’épouse n’est pas oubliée dans ce partage :
À la mort du mari, la veuve avait droit à son douaire, qui était une pension viagère sur les biens « propres » de celui-ci. Le douaire était conventionnel ou préfixe quand sa valeur était stipulée par les parties. Autrement, il portait sur la moitié des « propres » du mari et était coutumier. Cette pension était consentie à la femme pour la récompenser des soins et des peines qu’elle s’était donnés pour son ménage et pour l’aider à élever ses enfants. À sa mort, les biens qui composaient le douaire étaient partagés parmi les enfants ou, à leur défaut, par les plus proches parents du mari par le sang. Ce droit de la femme au douaire était fondamental et la Coutume contenait de nombreuses dispositions pour lui en assurer la jouissance. Ainsi, les biens affectés au douaire ne pouvaient servir à régler les dettes de la communauté. En plus, tout acte de dispositions de ces biens par le mari était sujet à annulation.
Catherine, âgée de 85 ans, décède le 17 et est inhumée le 19 mai 1755 à Montréal dans le cimetière de la paroisse Notre-Dame. Elle aura survécu vingt-huit ans à son mari.
4. Honoré Danis fils, jumeau de Catherine, est baptisé le 30 octobre 1669 par Gilles Perot curé. Ses parrain et marraine sont Jean Gervaise, recrue de 1653, marchand, marguillier, époux d’Anne Archambault, et Étiennette Alton, recrue de 1659, épouse de Marin Hurtubise, habitant, recrue de 1653. Le 15 novembre 1694, dans la paroisse des Saints-Anges-Gardiens de Lachine, Honoré lie sa destinée à Catherine Brunet, fille de Mathieu Brunet, dit L’Étang, habitant, laboureur, et de Marie Blanchard, Fille du Roy arrivée en 1667. Catherine née le 5 novembre 1681, vient tout juste d’avoir 13 ans, Honoré est âgé de 25 ans. Sont présents lors de la bénédiction nuptiale : Jean Dany, frère du marié, Pierre Guion (Gougeon), beau-frère du marié, époux de Catherine Danis, Jean Brunet, frère de la mariée et son épouse Marie Perrier, François Bigras, beau-frère de la mariée, conjoint de Marie Brunet, Étienne (Étiennette) Badel et sa mère Barbe Duchesne, Fille du Roy arrivée en 1671, conjointe d’André Badel, Marguerite Brunet, onze ans, sœur de Catherine et Michel Brunet, frère de Catherine, époux de Madeleine Moison. François Bigras a signé l’acte de mariage. Sept enfants naîtront de cette union, trois filles se marieront.
Âgé de 52 ans, le 14 août 1722, Honoré est assassiné dans sa demeure de la côte Saint-Pierre par cinq Iroquois ivres. Son gendre Charles Raymond, époux de sa fille aînée Marguerite, est blessé dans cette attaque. Honoré est inhumé le 16 août 1722 à Lachine, dans la paroisse des Saints-Anges-Gardiens. Deux de ses filles ne sont pas encore mariées. Le 26 janvier 1750, au fort Frontenac, Catherine Brunet épouse en secondes noces Joseph Levron, dit Métayer, né à la Lacadie, veuf de Rose Denis Veronno et fils de Pierre Levron et d’Agnès Testu. On apprend du mariage de Marie Josèphe Levron que son père est capitaine des bâtiments du roi sur le lac Ontario. Catherine Brunet décède hors du Québec à une date inconnue.
5. Pétronille Danis est baptisée le 25 novembre 1671. Son parrain est François Marie Perrot, gouverneur de Montréal, et sa marraine est Pétronille Desheures, épouse de Philippe Carion, sieur Dufresnoy, lieutenant de la compagnie LaMothe du régiment de CarignanSalière, arrivé en 1665 avec son épouse. Le parrain et la marraine signent le registre avec le curé Gilles Perrot. À Montréal à la paroisse Notre-Dame, le 18 mars 1688, Pétronille épouse Charles Brouillard, fils de Louis Brouillard et de Marie Choinière. Charles est originaire de Lisigny, diocèse de Poitiers. Le curé Étienne Guyotte donne la bénédiction nuptiale devant Jean Danis, frère de Péronille et Pierre Gougeon, beau-frère de la mariée. Le couple aura un fils, Jean Baptiste, baptisé le 23 avril 1690 à Oka. Il se mariera en 1718 avec Marie Saint-Laurent. Au remariage de sa mère, il a six ans.
Charles est probablement décédé en 1691 au cours d’un voyage de traite de fourrures.
Pétronille se marie en secondes noces avec Bernardin Cantara dit Deslauriers. Le mariage est célébré à Montréal dans la paroisse de son baptême le 8 octobre 1696 par le curé Michel Caillé. Bernardin, né vers 1666, est originaire de la paroisse de Mazère, diocèse d’Agens, en Guyenne et fils de Vido Cantara et de Marguerite Forpe. Dans son acte de mariage, il est écrit qu’il est soldat de la compagnie du sieur Duluth et âgé de 31 ans. Assistent à la cérémonie Louis Juillet, conjoint de Catherine Celles dit Duclos, Pierre Gougeon, beau-frère de Pétronille, Jean Dany, frère de la mariée et Pierre Chantereau, bedeau de la paroisse et époux de Marie Cordier. Pétronille donnera naissance à neuf enfants, dont trois filles et trois garçons se marieront.
Bernardin reçoit une terre à Yamaska en 1712 et le couple s’y installe définitivement. En août 1741 et en octobre 1746, il cède une partie de ses avoirs à son fils Pierre, à condition qu’il les garde jusqu’à leurs décès. Pétronille, âgée de 82 ans est inhumée dans la paroisse Saint-Michel de Yamaska, le 13 mars 1753 et Bernardin est inhumé dans la même paroisse quatre jours plus tard, il avait environ 88 ans.
6. Jeanne Danis est baptisée le 23 juin 1673. Son parrain est Jean Baptiste Gadois, armurier, et sa marraine est Marie Leduc, fille de Jean Leduc. Âgée de 16 ans, Jeanne est tuée par Michel Ostante, Iroquois du Sault, qui voulait la violer. Elle est inhumée à Montréal le 12 juillet 1689. Bien qu’il ait été reconnu sans hésitation par le jeune Nicolas Danis, à cause d’une marque en forme de croix au front et d’une autre en forme d’échelle sur la cuisse, Michel Oustante ne sera pas puni pour son crime. Les intérêts de la sécurité publique auront préséance sur les appels d’Honoré Danis pour qu’on rende justice. Dans ces temps de guerre avec les Iroquois, il ne faut pas mécontenter les tribus alliées.
7. De Paul Danis, on ne connaît que la date et le lieu de son baptême, soit le 6 août 1675. Ses parrain et marraine sont Paul Descaries, habitant, qui épousera Marie Hurtubise en 1686 et qui est le fils de Jean Descaris, et Adrienne Barbier, épouse d’Étienne Truteau, charpentier. Il était vivant au recensement de Montréal de 1681.
8. Nicolas Danis est baptisé le 16 août 1677. Sa marraine est Jeanne Gervaise, épouse de Jean Dupuis et fille de Jean Gervaise, arrivé avec la recrue de 1653, marchand. Son parrain est Nicolas Gagné, habitant, célibataire, immigrant arrivé en 1653 avec ses parents Louis Gagné et Marie Launay, ses frères Pierre et Louis. Nicolas Gagné est baptisé le 29 janvier 1651 dans la paroisse Saint-Brice de Courcival, évêché Le Mans. Il est inhumé le 8 septembre 1687 dans le cimetière de la paroisse Notre-Dame de Montréal. À Lachine le 3 février 1705, dans la paroisse des Saints-Anges-Gardiens, Nicolas Danis, ayant profité de son apprentissage et devenu maître menuisier, prend pour épouse Marie Anne Fortier, fille de Louis Fortier, laboureur, et de Madeleine Moison. Marie Anne est née le 9 juin 1685 et baptisée le 11 du même mois dans la paroisse des Saints-Anges-Gardines de Lachine. Sont présents au mariage plusieurs membres des familles Fortier, Moison et Danis : Perrine Lapierre, mère de Nicolas, Louis Fortier, père de la mariée, Guillaume Delorimier, écuyer, capitaine d’une compagnie du détachement de la Marine, commandant pour le roi du fort de cette paroisse, Jean Danis, Honoré Danis, René Danis, Charles Danis, frères de Nicolas, François Morel, beau-frère de Madeleine Moison, époux de Marie Moison et fils de Marie Grandin, Fille du Roy arrivée en 1668, qui épousa en secondes noces Claude Robillard, Michel Brun, Desmarets, Louis Fortier, fils, frère de Marie Anne, Albert Lafontaine, Jean Moison, frère de Madeleine et époux de Thérèse Robillard, fille de Claude Robillard, Catherine Danis, sœur de Nicolas, Catherine Gougeon, belle-sœur de Catherine Danis et Françoise Fortier, sœur de Marie Anne. La famille DanisFortier comptera sept enfants, quatre garçons et trois filles. Deux garçons portant le prénom de Jean Baptiste se marieront.
Âgée de 40 ans, Marie Anne est inhumée le 5 septembre 1725 dans la paroisse Saint-Joachim à Pointe-Claire. Ses deux garçons ont seize ans et neuf ans.
Nicolas se marie en secondes noces avec Geneviève Guignard le 23 septembre 1726 à Pointe-Claire dans la paroisse Saint-Joachim. Canadienne née en 1681 à L’Ange-Gardien, Geneviève a encore la charge de trois enfants nés de son premier mariage avec René Couillard. Aucun enfant ne naîtra de cette deuxième union.
Nicolas Danis décède le 25 juin et est inhumé le 26 juin 1758 à Sainte-Geneviève de Pierrefonds. Ses deux fils se sont mariés dans la paroisse Saint-Joachim de Pointe-Claire. Jean Baptiste, né en 1708, marie le 29 octobre 1733 Geneviève dite Angélique Couillard fille de Geneviève Guignard, sa belle-mère, et l’autre Jean Baptiste, né en 1716, épouse Brigitte Geneviève Dubois le 11 août 1740.
Geneviève Guignard meurt le 25 août 1761 et est inhumée deux jours plus tard dans la paroisse de son mariage. De ses trois enfants, deux sont mariés, Geneviève dite Angélique avec Jean Baptiste le fils de Nicolas, Pierre avec Josèphe Boisson dit Saint Onge, le 2 mai 1735, aussi dans la paroisse Saint-Joachim. Laurent décède le 11 novembre 1752 et est inhumé le lendemain dans la paroisse Saint-Joseph à Rivière-des-Prairies.
9. René Danis est baptisé le 21 décembre 1679 par le curé François Seguenot. Ses parrain et marraine sont Danot, contremaître de Saint-Joseph, et Marie Dumay Demers, conjointe de Jean Leroy Roy, maître boucher. Le 28 janvier 1705, à Montréal dans la paroisse Notre-Dame, René, habitant, épouse Marguerite Forcier, baptisée le 6 avril 1684 dans la paroisse Saint-Pierre à Sorel. Les parents de Marguerite sont Pierre Forcier, habitant, tué par les Iroquois le 18 mai 1690, et Marguerite Girard, Fille du Roy arrivée en 1673. Sont présents au mariage : René Abraham dit Desmarais, beau-père de Marguerite, second époux de sa mère, Pierre Billeron Lafatigue, tailleur d’habits, arrivé comme soldat de la compagnie du sieur de Crisafy, beau-frère de la mariée, époux de Marthe Forcier, Jean et Honoré Danis, frères de René. Marie donnera naissance à quatorze enfants, quatre garçons et cinq filles se marieront.
René est inhumé à Yamaska, dans la paroisse Saint-Michel, le 15 juin 1757, il avait 77 ans. Marguerite sera inhumée au même endroit le 4 mai 1761 à l’âge de 77 ans.
10. Âgé de deux jours selon l’acte, Jacques Danis est décédé le 30 et inhumé le 31 janvier à Montréal dans le cimetière de la paroisse Notre-Dame. Il est né et est baptisé le 28 janvier 1682. Son parrain est Jacques Danis, notaire royal, greffier, et frère de l’enfant. Jacques, le parrain, est né du premier mariage d’Honoré Danis, père, avec Marie Bidard. La marraine est Élisabeth Turpin, âgée de 15 ans, fille d’Alexandre Turpin, marchand, qui épousera en 1683 Raphael Beauvais.
11. Charles Danis est baptisé le 20 février 1684. Son parrain est Charles de Couagne, marguillier de la paroisse Notre-Dame de Montréal. De Couagne est arrivé en 1672 comme maître d’hôtel de Frontenac. Puis, comme marchand de fourrures, il acquiert une grande richesse. Catherine Le Moyne, probablement la fille de Jacques et de Mathurine Godé, est la marraine, elle a déclaré ne pas savoir signer. Le parrain et le curé Étienne Guyotte ont signé l’acte.
Charles, engagé pour l’Ouest le 27 avril 1704, s’est marié avant le 31 décembre 1714 à Kaskaskia avec Dorothée Mechipecoucouc. Trois enfants sont baptisés à Kaskaskia. Le patronyme de la mère est écrit de façon différente à chaque baptême, mais se ressemble cependant :
• Marie Anne Dany, baptisée le 4 octobre 1718 par De Beaubois, s.j., curé. Le parrain est Adrien Robillard et la marraine est Françoise La Brise. La mère se nomme Dorothée Michipe8e8a.
• Charles Pierre Danis, baptisé le 30 janvier 1720 par Le Boullanger, s.j. Sa mère est inscrite sous le nom de Dorothée, fille du Grand Rieur. Le parrain est Pierre Dugué de Boisbriand, lieutenant du roi, et la marraine est Catherine Du Buisson.
• Michel Dany est né le 29 septembre et baptisé le 1 er octobre 1723 par Nicolas Ignace de Beaubois, s.j. Le parrain est Michel Philippe, lieutenant de milice, et la marraine est Marie Claire Catoues Catois. Le nom de la mère est Dorothée Michiperouta. Il a marié, le 29 juin 1745, Barbe Pillet Lasonde, fille de Pierre Pillet-Lasonde et de Magdeleine Boseron-Boisron. Le mariage a été célébré par Tartarin, s.j. La mère est Dorothée Michaparana. Les deux jeunes épousés sont nés dans la même paroisse.
On découvre, lors de son mariage, une deuxième fille de Charles et Dorothée. Hélène Dany, fille de Charles et Dorothée Mechip8e8a, habitant la paroisse Notre-Dame de L’Immaculée-Conception des Kaskaskia. Le 14 janvier 1724, Nicolas Ignace de Beaubois, prêtre curé, bénit le mariage. Elle épouse Mathurin Chapu, fils de Michel et d’Angélique Landreville, de Varennes, Canada.
Charles, le père, est inhumé à Kaskaskia, le 27 avril 1724, âgé d’environ 41 ans et enseigne de milice. Dans le répertoire, on ajoute qu’il a été marié trois fois. C’est une information que l’on ne peut vérifier, puisqu’elle nous arrive dans un répertoire, c’est-à-dire une copie de l’acte officiel écrite par le célébrant du mariage. On sait cependant qu’il y a plus d’un Charles Danis à Kaskaskia.
Dorothée Michi8e8a se remarie le 11 septembre 1724 dans la paroisse de l’Immaculée-Conception de Kaskaskia, avec Louis Turpin, veuf de Marie Coulon. Au moins une fille, nommée Agnès, naîtra de cette union.
Ces notes concernant la vie de Charles Danis et de sa descendance ajoutent des informations sur la vie des soldats ou des voyageurs qui décident de s’installer dans les forts français.
Conclusion
Perrine Lapierre, orpheline partie de France avec des espoirs d’une vie meilleure, aurait pu au bout de sa vie faire un bilan positif. Ce ne fut pas une vie facile, maternités, deuils et travaux constants pour assurer le bien-être des siens ont usé son corps. C’était la vie de son époque, semblable à celle de toutes ces femmes qui ont engendré de nombreux enfants pour assurer la survie de la NouvelleFrance. Parmi ses onze enfants, sept se sont mariés et lui ont donné 36 petits-enfants qui engendreront à leur tour. Perrine Lapierre mérite toute notre reconnaissance.
Marie Royal
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