2Fille du Roi, arrivée en 1663, morte en couche (en donnant naissance)
320Catherine Dupuis (1644-1682)
Catherine Dupuis, née vers 1644, est originaire de la paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois, de la ville de Paris en Île-de-France. Près de la moitié des Filles du Roy d’ailleurs sont originaires de l’Île-de-France. Elle est la fille d’André, né en 1618, et de Catherine Duval, née en 1622, en Normandie. Les parents de Catherine se sont mariés à Paris en juin 1633. Selon Jean-Paul Macouin du fichier Origine, son père était compagnon de rivière, tout comme son grand-père, Pierre. Tout ce que l’on sait de sa grand-mère paternelle est son prénom, Denise. Du côté de sa famille maternelle, son grand-père, Laurent, était portefaix dans la région de Bayeux en Normandie et sa grand-mère se nommait Anne Lebel.
Catherine et Charles Martin, son « futur », se sont-ils rencontrés sur le bateau ? Cela est fort possible. On croit même qu’il était matelot. Selon le fichier Origine, la première mention de son nom au pays est apparue en 1663. Charles ne figurant pas sur la liste des engagés de cette année-là, on présume qu’il a le statut d’immigrant volontaire. Il avait été baptisé le 17 octobre 1644 à Dieppe, fils de feu Pierre et de Madeleine Pavie. Il a donc dix-neuf ans quand il débarque au pays. Le même âge que Catherine.
Parmi les premières Filles du Roy arrivées en Nouvelle-France à l’été 1663, huit viennent s’établir à Montréal. La plupart sont attendues ou accompagnées. Une arrive avec sa sœur, d’autres pour rejoindre un cousin, une cousine, une tante ou un oncle déjà mariés et installés. Catherine est seule et fait face à l’inconnu. Peut-être compte-t-elle sur le soutien ou l’amitié d’une autre Fille du Roy débarquée du bateau avec elle, comme Françoise Moisan par exemple ? Comme elle, Catherine a signé un contrat de mariage à Québec devant le notaire Jean Gloria. Catherine le 20 octobre 1663 et Françoise le 19 octobre. Toutes les deux, elles se marient dans la paroisse Notre-Dame de Montréal le 28 novembre 1663. Catherine avec son Charles et Françoise avec Antoine Brunet. Peut-être lors de la même cérémonie, puisque Charles Le Moyne et le sieur Charles d’Ailleboust Des Muceaux signent au bas des actes du registre des deux mariages, avec le curé célébrant, Gabriel Souart.
Le couple s’établit d’abord sur une terre à Montréal que Charles revendra trois ans plus tard à Jean Aubuchon dit Lespérance ; le contrat daté du 20 avril 1666 devant le notaire deMouchy en fait foi. Leurs deux premiers enfants y naissent. Jean, le 11 septembre 1664 et Catherine le 6 janvier 1666. Cette dernière meurt avant d’avoir atteint ses deux ans.
Charles avait-il la bougeotte ? Ou était-ce l’air du grand fleuve qui appelait ce matelot à partir ? On sait que la petite famille se retrouve à Québec en 1667 où Marie Nicole naît et reçoit le baptême le 16 août. Catherine a eu à peine le temps de s’installer et de se faire des amies à Québec que les Martin-Dupuis reprennent le bateau pour aller s’installer à Sorel, où Pierre de Saurel, capitaine du régiment de Carignan-Salière, travaillait déjà très fort au peuplement et au développement de sa seigneurie.
C’est dans ce contexte que leur fils François naît le 6 août 1670. L’acte de son baptême figure parmi les premiers dans le registre de la paroisse Saint-Pierre de Sorel. Puis naîtra Antoine le 4 février 1673. Et les jumeaux Marie Anne et Joseph le 1 er janvier 1674.
Catherine était-elle prédestinée à côtoyer la mort d’aussi près ? Elle qui avait assisté au décès tragique de soixante personnes durant la traversée pour venir en Nouvelle-France, y compris les jetées funèbres de tous ces cadavres en mer. Ne fallait-il pas en plus qu’elle soit éprouvée par la mort de cinq de ses six premiers enfants, tous disparus en bas âge.
On ne sait ce qui pousse Charles à vouloir quitter cet endroit. Ce n’est pas une mince affaire de reprendre le fleuve vers l’amont. Pourtant c’est ce qui arrive. La petite famille décimée se retrouve à Boucherville, sans doute comme censitaire sur les terres du sieur Pierre Boucher. Catherine était venue en ce pays neuf pour son bonheur et élever une famille. Elle s’y remet. Le 29 février 1678, elle donne naissance à son huitième enfant, Marie Catherine. Et le 24 juin 1680 naît Jean Baptiste. Il faut du blé pour nourrir ces quatre enfants. Au recensement de 1681, on apprend que la famille possède un fusil, une vache et trois arpents de terre en valeur. Charles ne bougera plus de cet endroit. Catherine non plus. Courageuse autant qu’elle a pu, fatiguée de la vie, Catherine ne passe pas à travers son dixième accouchement. La naissance de Marie Anne, le 20 décembre 1682 sera fatale pour elle. L’aide aux accouchements n’était pas toujours assurée par des sages-femmes et les voisines étaient souvent éloignées. Elle n’a que 38 ans. À ce moment, cinq jeunes enfants restent à la maison. Antoine a neuf ans, Joseph huit ans, Marie Catherine quatre ans, Jean-Baptiste deux ans et la dernière à peine un jour. Catherine Dupuis s’est éteinte après avoir vécu près de vingt ans en Nouvelle-France. Elle est inhumée à Boucherville le 21 décembre 1682. Le seigneur Pierre Boucher était présent et témoin à ses funérailles.
Charles, devenu veuf, se remarie le 6 octobre 1683 avec Marie Hatanville, Fille du Roy arrivée en 1669. C’est le troisième mariage de Marie Hatanville. Elle a cinq enfants, Charles en a cinq aussi. Charles et Marie n’ont ensemble qu’un enfant, Léger, né le 12 avril 1684. Ce dernier se mariera en 1711 avec Marie Richard-Dusablon. On ignore la date exacte du décès de Charles. On sait seulement qu’il n’est pas présent aux funérailles de son fils Joseph, le 28 juillet 1685 et que sa veuve Marie Hatanville signe un contrat de mariage le 21 janvier 1686.
Plusieurs fondatrices et fondateurs de la Nouvelle-France ont vécu vieilles et vieux. Catherine et Charles ne furent pas de ceux-là. Ni non plus trois de leurs cinq enfants survivants qui n’ont pas dépassé la vingtaine. Et la petite dernière Marie Anne, qui s’est mariée à Pierre Voisine le 12 novembre 1703, n’a vu grandir aucun de ses quatre enfants.
Malgré toutes les morts auxquelles Catherine a assisté au cours de ses 38 années d’existence, elle a donné beaucoup la vie. Quelqu’un ne peut pas faire face si souvent au tragique de l’existence sans développer une force de caractère et une sagesse propre à affronter le quotidien. Catherine fut probablement l’une de ces personnes-là. Quel héritage elle nous a laissé ! Le destin n’allait pas s’acharner sur elle au point de ne pas lui assurer une nombreuse descendance et de nous faire oublier à jamais qu’elle fut l’une des valeureuses et fécondes Filles du Roy. C’est son fils Antoine, le seul dont les enfants se soient mariés, qui assura cette descendance.
Antoine Martin est né à Sorel le 4 février 1673. Il s’est marié avec Marie Françoise Février Lacroix le 16 janvier 1698 à Boucherville. Ils eurent seize enfants. Huit d’entre eux se sont mariés et ont enrichi la nation naissante de 48 petits Martin- Dupuis Fevrier Lacroix.
Marie Catherine se marie à Jean Baptiste Labossière à Contrecœur le 28 novembre 1720.
Agnès à Jean Baptiste Arpin Potvin à Contrecœur le 19 juin 1724.
Marie Geneviève à Pierre Maheu à Saint-Ours le 8 janvier 1731.
Marie Josephe à Louis Ménard à Contrecœur le 17 février 1738.
Antoine à Marie Catherine Ménard à Contrecœur le 30 juillet 1731.
Louis à Marie Jeanne Rondeau à Saint-Ours le 13 juin 1737.
Jean Baptiste à Marie Anne Renaud Deslauriers Arnaud à Varennes le 3 février1740.
Pierre Basile à Marie Valentin Grégoire à Contrecœur le 1 er juin 1744.
Sylvie Lachapelle et Yves Chevrier
20Selon «La Société d'histoire des Filles du Roy (SHFR)» 2011 ,
Elle était fille du Roy.
Elle était parmi les 36 Filles du Roy qui ont refait la traversée sur l'Aigle d'Or jusqu'à Québec, pour commémorer le 350e ann. de l'arrivée des filles du roi en 1663. (D. Montpetit)
FichierOrigine (D. Bilodeau)
date de mariage de ses parents: 5 06 1633 Paris, ct Me Jacques Legay et Derivière.
André Dupuy est "compagnon de rivière".
Grands-parents paternels: Pierre Dupuy, compagnon de rivière, et Denise...
Grands-parents maternels: Laurent Duval, portefaix de la région de Bayeux, et Anne Lebel