Arbre Généalogique Guertin Rondeau Family Tree - Person Sheet
Arbre Généalogique Guertin Rondeau Family Tree - Person Sheet
NameJacques Venne
Birthabt 1647, Saint-Antoine, Agouleme, France2
Death29 Nov 1700, Varennes, Québec, Canada2
Burial30 Nov 1700, Sainte-Anne, Varennes, Québec, Canada2
FatherJean Venne (~1621-1687)
MotherFrançoise Manseau (~1620-1666)
Spouses
Birthabt 1655, France2
Death20 Feb 1732, Montréal, Québec, Canada
Burial20 Feb 1732, Notre-Dame-De-Montréal, Montréal, Québec, Canada2
FlagsBiography, Fille du Roi
Marriage11 Mar 1672, Québec, Québec, Canada13
ChildrenFrançoise (1681-1734)
Notes for Marie-Marguerite (Spouse 1)
20,2Fille du Roi arrivée à Québec le 31 juiilet 1670 par le navire "La Nouvelle France"
D’origine inconnue3

20Marguerite Provost (vers 1655-1732)

Marguerite Provost, une énigme

Grâce au travail minutieux des chercheurs, peu à peu se dessinent les silhouettes des Filles du Roy. La vie de certaines commence à être documentée ; cependant, faute d’écrits personnels, l’esquisse demeurera incomplète. Marguerite Provost est l’une de ces femmes anonymes qui ont participé à la naissance d’une nation. Non seulement, pour reprendre les mots d’Anne Hébert, il faudrait les nommer toutes, mais à toutes il faudrait donner la parole ! Que pourrait nous dire Marguerite Provost ? Peu de chose, à vrai dire :

« PROVOST, Marguerite. D’origine inconnue. Née vers 1655. Arrivée en 1670. Inhumée le 20-02-1732 à Montréal. Savait signer.

1 er mariage : en 1670 ou 1671, à Montréal avec Jacques Venne ou Voine (habitant), né vers 1647, décédé le 29-11-1700. Ménage établi à Varennes. 8 enfants.

2 e mariage : le 20-11-1701, à Varennes, avec Étienne Forestier dit Lafortune (habitant, chirurgien, chapelier et boulanger), né vers 1649, inhumé le 04-08-1724, ne sachant pas signer. Aucun enfant. »

Que peut-on déduire de ces quelques lignes ? Marguerite est d’origine inconnue. Pourquoi a-t-elle entrepris la traversée vers la Nouvelle-France ? Est-ce par esprit d’aventure, pour fuir une situation gênante (pauvreté, abandon parental), pour éviter un mariage arrangé ou, encore, par obligation s’était-elle réfugiée dans un asile ?

Les hypothèses et les suppositions s’enchevêtrent. Les preuves matérielles dont nous disposons jalonnent la vie de Marguerite, mais elles ne peuvent laisser entrevoir des traits de sa personnalité, nous brosser un portrait d’elle, nous communiquer ses humeurs et ses états d’âme. Nous aimerions vous faire entendre sa voix, mais quelle intonation, quel accent donner à ses mots ? La tentation est grande d’embellir au risque de trahir. Nous nous contenterons donc de scruter les documents à notre disposition et d’en tirer des conclusions, lorsque cela est possible.

Mariage de Marguerite Provost avec Jacques Venne Voyne

La graphie du nom Venne varie considérablement. Nous retrouvons Voyne, Voine, Veine, Vaine, selon les documents. Pour ce texte sur la vie de Marguerite Provost, nous avons adopté Venne.

Marguerite arrive à Québec vraisemblablement sur le bateau Nouvelle-France le 31 juillet 1670. Elle poursuit son voyage jusqu’à Ville-Marie où, deux ans plus tard, elle fait baptiser son premier fils, Jean, le 11 mars 1672, à la paroisse Notre-Dame de Montréal. Comment a-t-elle rencontré Jacques Venne, le père de ses enfants ? Où a-t-elle vécu ? Nul écrit ne peut nous renseigner. Nous n’avons aucune trace de contrat ou d’acte de mariage, à ce jour, avec Jacques Venne.

Nous savons que Jean Venne, le père de Jacques, est né vers 1621, probablement à Oradour, Charente, où il s’est marié dans la paroisse Saint-Antoine avec Françoise Manseau, fille de Jean Manseau et de Pentecoste Chanson. Il est mentionné pour la première fois au pays en 1666, avec ses deux fils Jacques et Jean, arrivés en même temps que lui. Il est domestique au Séminaire de Montréal.

En 1675, Jacques emprunte de l’argent à son père pour payer la location de la terre du moulin de Pointe-aux-Trembles appartenant aux Sulpiciens. Il décède le 29 novembre 1700 à l’île SainteThérèse, située dans le fleuve Saint-Laurent, entre Pointe-auxTrembles et Varennes. Dans un volumineux dossier concernant la tutelle des enfants mineurs, la concession paternelle et la quittance des créanciers, on retrouve la mention « étant donné les dettes considérables du défunt ».

La famille de Marguerite Provost et de Jacques Venne : baptême, mariage et décès de leurs enfants

Entre 1672 et 1695, Marguerite et Jacques verront naître huit enfants. À la naissance de l’aîné, Marguerite a environ 17 ans et à la naissance de la benjamine elle a environ 40 ans. Le couple s’installe dans la région de Pointe-aux-Trembles. Au recensement de 1681, la famille habite à l’île Sainte-Thérèse et possède un fusil, une bête à cornes et trois arpents de terre en valeur.

Les actes de baptême, de mariage et de sépulture de ses enfants rendent tangible l’enracinement de Marguerite en terre d’Amérique.

1. Jean Venne est baptisé à la paroisse Notre-Dame de Montréal, le 11 mars 1672. Son parrain est Gilbert Moineau et sa marraine Jeanne Collet, femme de Grégoire Symon, Fille du Roy arrivée en 1668, soit deux ans avant Marguerite Provost. Jeanne et son mari mourront massacrés par les Iroquois le 8 mai 1691 à Pointe-auxTrembles. On peut imaginer le désarroi de Marguerite Provost !

Jean se marie le 24 novembre 1698, à Varennes, avec Catherine Bousquet, fille de Catherine Fourrier, Fille du Roy arrivée en 1670 et de Jean Baptiste Bousquet. Jean et Catherine sont âgés respectivement de 26 et de 22 ans. Sont présents à ce mariage Jacques Voyne, habitant et père du marié, ainsi que Jean Voyne, l’oncle paternel, Jacques Dugué, « lieutenant réformé dans les troupes du Roy en ce païs » et Abraham Bouat, bourgeois de Ville-Marie, époux de Marguerite de Nevelet.

Quand elle décède le 25 mai 1703 à l’âge de 27 ans, Catherine Bousquet laisse orphelines ses deux filles, Marie Catherine âgée de trois ans et Marie Geneviève âgée de presque deux ans ! Jean, leur père, est inhumé le 22 février 1705, à Montréal. Il a 32 ans ! On peut lire sur le registre : « Habitant de l’île Sainte Thérèse, décédé à l’Hôtel-Dieu de Montréal. » C’est Marguerite Provost qui sera nommée la tutrice de ses deux petites-filles.

2. Marguerite Venne est baptisée par Gilles Perot, curé, à la paroisse Notre-Dame de Montréal, le 17 février 1674. Son parrain est Isaac Nafrechou, habitant ; la marraine est Cunégonde Gervaise, fille de Jean Gervaise, substitut du procureur fiscal. Isaac Nafrechou est le mari de Catherine Leloup, Fille du Roy arrivée en 1668 ; il est aussi meunier, marchand bourgeois, cabaretier, aubergiste.

Le 22 novembre 1694, à l’île Saint-Thérèse, acte enregistré à Varennes, en même temps que sa sœur Marie Catherine, Marguerite épouse Thomas Chartrand, engagé pour l’Ouest. Jacques et Jean Voyne sont présents. Le couple Provost-Chartrand aura onze enfants, dont la majorité s’établira à Saint-François-de-Sales, île Jésus. Marguerite est inhumée le 28 juin 1754, à Saint-Vincent-de-Paul, île Jésus, à l’âge vénérable de 80 ans.

3. Marie Catherine Venne est baptisée à Pointe-aux-Trembles, le 25 mars 1676. Le parrain est Jacques Coiteux, habitant, la marraine est Catherine Archambault, jeune fille de 12 ans, fille de Laurent Archambault et de Catherine Marchand. Le 22 novembre 1694, à l’île Sainte-Thérèse, acte enregistré à Varennes, en même temps que sa sœur Marguerite, Marie Catherine épouse Joseph Jouet, né dans le Poitou, soldat de la compagnie du sieur de Clermont et propriétaire d’une terre à Varennes depuis le 18 juin 1688. Cette union sera de courte durée, car Marie Catherine décède deux mois et demi après la naissance de son deuxième enfant, Marie Anne. Elle laisse aussi derrière elle sa fille aînée Marie Josèphe âgée de 2 ans. Elle est inhumée le 5 janvier 1698, à Varennes, à l’âge de 22 ans ! Ses deux filles se marieront, auront plusieurs enfants qui laisseront une descendance. Elles vivront jusqu’à un âge avancé, Marie Josèphe décédera à 85 ans et Marie Anne à 81 ans. Quant à Joseph Jouet, il décédera en 1713 sans s’être remarié.

4. Barbe Venne est baptisée le 3 octobre 1678, jour de sa naissance, à la paroisse du Saint-Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles. Le parrain est son grand-père Jean Voine et la marraine Marie Chénier. Barbe meurt à l’âge de 16 ans après avoir reçu le sacrement de l’extrême-onction, mais sans pouvoir recevoir les autres sacrements à cause de sa maladie. Elle est inhumée le 23 décembre 1694, à Varennes.

5. Françoise Venne est baptisée à Pointe-aux-Trembles, le 19 octobre 1681. Le parrain est Jean Voine et la marraine Françoise Janot, épouse d’Antoine Bazinet. Françoise se marie avec Jean Baptiste Sabourin le 2 novembre 1701, à Pointe-aux-Trembles. Jacques Venne est alors décédé et Marguerite Provost est présente ainsi que François Durepay, François Vigneau, Pierre Bousquet et Pierre Brouillet. Tous ont déclaré ne pas savoir signer. Françoise et Jean Baptiste auront sept enfants. Après avoir élevé sa famille, Françoise décède le 5 août 1734 à l’âge de 52 ans. Elle est inhumée à la paroisse Notre-Dame de Montréal. Son mari se remarie le 22 février 1735 à Boucherville avec Catherine Bourdon. Le couple aura trois enfants.

6. Jacques Venne est baptisé le 6 septembre 1685, à Pointe-auxTrembles. Sa marraine est sa tante paternelle Françoise Beauchamp, épouse de Jean Venne. Au cours de l’année 1687, une épidémie de rougeole ravage la colonie. Est-ce la cause du décès de Jacques qui est inhumé le 10 mars 1687 à Pointe-aux-Trembles ? C’est aussi en 1687, le 2 décembre, que décède Jean Venne, le grand-père de l’enfant.

7. Louis Venne est baptisé le 25 août 1692, à Pointe-aux-Trembles. La marraine est sa sœur Marguerite et le parrain est Louis Beaudry. Louis se marie une première fois le 12 décembre 1718, à la paroisse Notre-Dame de Montréal, avec Marie Jeanne Cabassier, mère de deux enfants nés hors union. Le couple aura six enfants, dont quatre se marieront. Marie Jeanne est inhumée le 9 mars 1736 à Montréal à l’âge de 45 ans. Louis contracte mariage avec Marie Louise Desautels le 5 novembre 1736, devant Jacques Gaillard, prêtre, et le contrat est déposé chez le notaire Porlier le 25 février 1737. Marie Louise Desautels est la fille de Jacques Desautels et Marie Charlotte Chaudillon. Elle est la petite-fille d’Antoine Chaudillon, chirurgien de la compagnie La Varenne du régiment de CarignanSalière. Louis et Marie Louise auront ensemble deux filles, dont l’une est décédée en bas âge. La deuxième, Marie Thérèse, se mariera en 1757 à Sorel avec Jacques Vandal. Louis est inhumé le 8 octobre 1762, à Sorel, à l’âge de 70 ans. Marie Louise Desautels décède le 6 mars 1797 et est inhumée le lendemain à Sorel, à l’âge de 93 ans.

8. Marie Barbe Venne, la benjamine de Marguerite et de Jacques, naît six mois après le décès de sa sœur Barbe. Elle est baptisée le 18 juin 1695, à Varennes. Elle se marie avec Étienne Metenier Métivier Larose, soldat, le 20 novembre 1712, à l’église Notre-Dame de Montréal. Son beau-père, Étienne Fortier Forestier, est présent. Marie Barbe et Étienne auront sept enfants, dont deux se marieront. Marie Barbe décède à l’Hôpital général de Québec le 9 septembre 1737 à l’âge de 42 ans. Son mari Étienne, décédé le 22 octobre 1742 à l’Hôpital général de Montréal à l’âge d’environ 65 ans, est inhumé le lendemain au cimetière de l’hôpital.

Un second mariage pour Marguerite Provost

Le 23 novembre 1701, Marguerite Provost, 46 ans, veuve de Jacques Venne depuis presque un an, épouse, à la paroisse Sainte-Anne de Varennes, Étienne Forestier Fortier dit Lafortune, 52 ans, veuf de Marguerite Lauzon. Les témoins sont Charles Desmarets, Mathurin Gaultier de Landreville ainsi que Marie Thérèse Dugué, femme du sieur de Langloizerie, major de Québec, damoiselle Charlotte Dugué et Pierre Doucet qui ont signé tous les trois. Le prêtre est Claude Volant, premier curé de Varennes, nommé en 1692 par M gr de Saint-Vallier et neveu du côté maternel de Pierre Esprit Radisson.

Fils d’Étienne Forestier et de Judith Fonton de la ville de SaintJean-d’Angély, évêché de Saintes en Saintonge, Charente-Maritime, Étienne est né vers 1649. Arrivé au pays en 1665, comme soldat du régiment de Carignan-Salière, compagnie de Grandfontaine, il reçoit le scapulaire du Mont-Carmel le 13 janvier 1666, à Québec. Il est aussi maître boulanger. Sa première épouse, Marguerite Lauzon, étant décédée le 13 novembre 1699 à Montréal, il fait nommer un tuteur et un subrogé tuteur à ses enfants mineurs le 5 mars 1700. Le couple a vécu à Rivière-des-Prairies et à Montréal.

Au moment de son mariage, Étienne vit avec cinq de ses enfants encore mineurs : Marie Françoise seize ans, Marie Marthe environ treize ans, Marguerite Anne huit ans, Jacques six ans et Barbe 5 ans. Marguerite Provost, pour sa part, vit avec deux des siens : Marie Barbe âgée de 6 ans et Louis âgé de 9 ans. Pour diminuer les frais financiers de cette nombreuse famille « recomposée », Étienne engage pour cinq ans, le 29 mars 1707, Barbe, 10 ans, à Blaise Juillet, époux de sa fille Marie Madeleine Forestier et, le 27 mai 1707, il engage pour trois ans son fils Jacques, 12 ans, à René Douillard, époux de sa fille Louise Forestier à qui il avait confié l’enfant le 17 février 1701, après le décès de sa mère Marguerite Lauzon. Les deux enfants vivront donc chacun auprès d’une de leurs sœurs.

Marguerite et Étienne feront vie commune pendant 23 ans, du 20 novembre 1701, jour de leur mariage, jusqu’au 4 août 1724, jour du décès d’Étienne à Montréal, à l’âge d’environ 75 ans. Marguerite décède également à Montréal huit ans plus tard. Elle est inhumée au cimetière de la paroisse Notre-Dame de Montréal le 20 février 1732, à l’âge d’environ 77 ans.

En guise de conclusion : qui était Marguerite Provost ?

D’origine inconnue, Marguerite Provost a fait souche en NouvelleFrance. Ce sont plus de cent personnes en moins de deux générations qui lui doivent la vie ! Malgré tout, nous savons peu de chose d’elle. Comme nous l’écrivions, les preuves matérielles dont nous disposons jalonnent la vie de Marguerite, mais ces événements n’ont pu nous laisser entrevoir des traits de sa personnalité, nous brosser un portrait d’elle, nous communiquer ses humeurs et ses états d’âme. Néanmoins, l’écriture et la lecture de ce récit biographique auront permis, nous l’espérons, de lui donner voix, fut-elle fragmentaire.

France Lapierre20
Notes for Jacques & Marie-Marguerite (Family)
Ménage établi a Varennes, 8 enfants de cette union3
Selon Yves Landry marié en 1670 ou 16713
Last Modified 13 Mar 2023Created 7 Jun 2024 using Reunion for Macintosh
Mis a jour le 07 Juin 2024. Last updated 07 Juin 2024
Familles Guertin et Rondeau