Arbre Généalogique Guertin Rondeau Family Tree - Person Sheet
Arbre Généalogique Guertin Rondeau Family Tree - Person Sheet
NameAnne-Suzanne Rousselin
Birthabt 1644, Saint-Jacques, Mouazé, France13,2
Death17 Apr 1710, Charlesbourg, Québec, Canada2
Burial19 Apr 1710, Saint-Charles-Borromée, Charlesbourg, Québec, Canada2
FlagsBiography, Fille du Roi
Spouses
Birthabt 1640, Saint-Pierre, Lisieux, Normandie, France2,13
Death14 Apr 1710, Charlesbourg, Québec, Canada2
Burial15 Apr 1710, Saint-Charles-Borromée, Charlesbourg, Québec, Canada2
FlagsCriminal
Marriage6 Jun 1666, Notre-Dame-De-Montréal, Montréal, Québec, Canada2
ChildrenMarie (1680-1711)
Notes for Anne-Suzanne Rousselin
2Fille du Roi
Fille du Roi, elle arrive à Québec le 2 octobre 16653 par le navire "Le St-Jean-Baptiste de Dieppe".

20Suzanne Rousselin (vers 1644-1710)

Partie vraisemblablement de Dieppe sur le bateau SaintJean-Baptiste, arrivée à Québec le 2 octobre 1665, Suzanne Rousselin est la seule Bretonne de la recrue de Filles du Roy de cette année-là. Il n’y aura d’ailleurs que treize filles originaires de cette région parmi toutes celles qui sont venues de France entre 1663 et 1673.

Suzanne est originaire de Mouazé, une minuscule commune près de Rennes. Ses parents sont Philibert et Hélène Martin. On ignore s’ils sont toujours vivants au moment de son départ. À son arrivée en Nouvelle-France, Suzanne, née vers 1644, est âgée d’environ 21 ans.

Elle a une vie assez particulière pour avoir été relatée dans un roman historique publié au Septentrion en 2014. Son mariage à Montréal avec Jacques Leblanc, condamné à mort pour vol dès la première année de leur mariage, est en soi un fait particulièrement extraordinaire. Leur vie ensuite à Charlesbourg, dans la seigneurie Notre-Dame-des-Anges, relève aussi du roman-feuilleton.

Mariage et procès de Montréal

Le destin de Suzanne est intimement lié à celui de son mari, pour le moins délinquant. Très tôt, la mauvaise réputation de celui-ci et les nombreuses difficultés financières auxquelles ils auront à faire face les pousseront possiblement à unir leurs forces, plus que de coutume peut-être, pour élever une famille envers et contre tout.

Ils se marient le 6 juin 1666 . On pourrait y voir une très mauvaise prémonition ! Le mariage est célébré dans la paroisse Notre-Dame de Montréal huit mois après l’arrivée de Suzanne en Nouvelle-France. Il existe une ambiguïté quant au lieu d’origine de Jacques Leblanc, son mari. Selon Gervais Carpin et Marcel Trudel , Jacques est originaire de La Flèche en Anjou où, âgé d’environ quinze ans, il est recruté par Claude de Robutel dit Saint-André en même temps que Michel Bouvier du même village (même contrat), tous les deux maçons. Engagé pour 6 ans au salaire de 50 L par année, il serait alors arrivé en 1659. Selon Michel Langlois, le PRDH et Yves Landry, il est originaire de la paroisse Saint-Pierre de Pont l’Évêque, évêché de Lisieux en Normandie. Tous s’accordent pour dire que, d’après le recensement de 1666, il est domestique chez les Sulpiciens. Il a environ 22 ans le jour de son mariage avec Suzanne.

Difficile de savoir exactement où habite le couple après son mariage. Peut-être à la côte Saint-François ? En tout cas, les Sulpiciens concèdent officiellement à Jacques une terre à cet endroit, « au-dessous du second ruisseau », le 12 février 1667. Suzanne est à cette date déjà enceinte de son premier enfant.

Qu’est-ce qui pousse alors Jacques Leblanc à commettre un vol ? Le 25 février 1667, le juge d’Ailleboust l’accuse formellement, à la suite d’une plainte de Jacques Bria, dit le soldat, d’avoir volé 13 minots de blé à Saint-Gabriel (Pointe-Saint-Charles) où le plaignant les avait remisés. Une enquête est ordonnée et des témoins sont cités à procès. Jacques finit par avouer qu’il a volé six minots au lieu de treize… n’aidant en rien sa cause. Le juge justifie sa condamnation à mort en ajoutant dans le rapport du procès que l’accusé « a passé tout l’hiver sans travailler ni s’employer à aucune chose, menant une vie paresseuse et fainéante, ce qui est extrêmement préjudiciable […] particulièrement dans un pays nouveau ».

Comme le tribunal de Montréal est réputé très dur dans ses jugements, les condamnés de l’époque font souvent appel au Conseil souverain de Québec pour faire renverser les plus abusifs. Ce que Jacques Leblanc ne manque pas de faire.

Durant ce temps, Suzanne accouche d’un garçon, Julien, le 21 mars 1667 à Montréal. Elle est alors âgée d’environ 23 ans. Son mari toujours en prison, elle a sûrement trouvé refuge chez une amie, ou peut-être chez les religieuses, en attendant le verdict du Conseil souverain.

Composé entre autres du gouverneur Daniel de Rémy de Courcelle et de l’intendant Talon, le Conseil souverain adoucit finalement la condamnation de Jacques à douze coups de fouets, six dans la basse-ville de Québec et six dans la haute-ville, et à vingt livres d’amende. Puisque le jugement a été rendu le 28 avril 1667, on peut penser que la sentence a été exécutée peu de temps après et que Jacques est resté à Québec tout l’été pour récupérer de ses blessures.

Difficile de savoir à quel moment Suzanne l’aura rejoint à Québec avec leur enfant nouveau-né. On sait par ailleurs que Jacques loue une ferme à Charlesbourg moins d’un an plus tard, le 17 février 1668.

Débuts à Charlesbourg

La ferme qu’ils ont louée pour trois ans dans la seigneurie NotreDame-des-Anges appartient à Claude Charron, commerçant et notable de Québec. Le bail laisse entendre qu’il y a déjà une habitation sur la terre et qu’ils pourront y loger. Jacques loue en plus trois vaches laitières au même Claude Charron. Lui et Suzanne ont donc décidé de s’installer définitivement à Québec. Suzanne accouche environ un an et demi plus tard d’un deuxième garçon, Michel, le 13 décembre 1669.

Peu de temps après son accouchement, au terme de leur premier bail de location, ils louent une nouvelle ferme, celle de Jacques Bédard, dans la même seigneurie. Suzanne y accouche d’un troisième garçon, Pierre, en novembre 1671.

C’est en 1673 que le couple devient finalement propriétaire d’une terre à Saint-Claude de Charlesbourg, à l’extrémité nord de la seigneurie, avec de l’argent prêté par les Jésuites. Jacques et Suzanne s’enracinent à Québec avec leur petite famille et semblent avoir laissé derrière eux le passé criminel de Jacques à Montréal. Quelques ennuis surviendront pourtant et les mettront dans l’embarras encore plusieurs fois envers la justice.

Nouvelles difficultés

Jacques et Suzanne sont pris tous les deux au milieu d’une querelle et d’un nouveau procès en décembre 1676. Une altercation serait survenue entre eux et Jacques Renaud, habitant de la seigneurie Notre-Dame-des-Anges, concernant une quantité de grains à battre. Suzanne aurait par ailleurs été « battue et excédée de coups » par Renaud.

Les circonstances de l’incident demeurent obscures. Bien que le juge de la seigneurie donne raison au couple Leblanc-Rousselin sur le fond de la querelle et condamne Renaud à leur verser des indemnités en argent, celui-ci en appelle au Conseil souverain. Il dit avoir été lui aussi « maltraité » par le couple. Une enquête approfondie est ordonnée et l’on inspecte la grange de Renaud. De façon inattendue, Suzanne et Jacques sont finalement condamnés à remettre une quantité importante de grain à Renaud et à lui payer des intérêts civils en argent. Tout porte à croire que le préjudice subi par Suzanne n’a pas été retenu ni compensé d’aucune façon. Le couple ressort sans doute de ce procès avec une réputation et un crédit encore une fois entamés.

Neuf mois après le procès, le 13 septembre 1677, Suzanne accouche d’un quatrième garçon nommé Jacques. Elle a maintenant cinq enfants puisqu’elle a aussi accouché d’une fille, Françoise, en octobre 1674.

À partir de 1680, Jacques Leblanc est cité en audience plusieurs fois pour paiements dus. Il semble empêtré dans une situation financière qu’il n’arrive pas à régulariser. Incapable de rembourser sa dette envers les Jésuites, il s’engage en janvier 1680 à leur verser une rente annuelle de 8 livres pour rembourser les 160 livres qu’il leur doit. En 1682, cette dette est montée à 200 livres et la rente annuelle est augmentée à 10 livres. En 1683, le marchand de Montréal Charles Couagne réclame lui aussi le règlement d’une dette et obtient gain de cause lors d’une audience à
Notre-Dame-des-Anges. Dans la seule année 1687, Jacques comparaît au moins trois fois, une fois à Charlesbourg et deux fois à la Canardière, pour des paiements dus à des particuliers et des redevances seigneuriales non payées.

Fait à souligner, Suzanne comparaîtra en lieu et place de son mari à plusieurs reprises pour défendre sa cause. Avait-elle le verbe plus facile que son mari ou était-elle simplement plus tenace que lui pour défendre leurs intérêts ? Son nom figure fréquemment dans les rapports d’audience de la seigneurie. C’est elle entre autres qui sera présente, en novembre 1687, pour obtenir compensation dans une affaire de dommages causés par les bestiaux d’un voisin sur leur terre. Un jugement favorable leur permit, à elle et son mari, de récupérer six minots de seigle.

Pendant cette période, Suzanne a été marraine à deux reprises : une première fois le 28 juillet 1670 au baptême de Germain Langlois, fils de Jean et de Madeleine Gaumond, Fille du Roy de 1668, et une deuxième fois, le 13 février 1686 au baptême de Suzanne Galarneau, enfant de Jacques et de Jacqueline Héron, Fille du Roy de 1665.

Dernières naissances et décès

Alors que les difficultés financières semblent être irréconciliables en 1680 pour le couple Leblanc-Rousselin, l’aîné de leurs enfants, Julien, 13 ans, est engagé le 11 février chez le sieur Pinguet, dans le fief du même nom. Il y sera logé et nourri, et se verra même offrir une vache laitière que son père gardera pour lui. Le plus vieux des fils Leblanc aura ainsi l’occasion de travailler et de devenir un homme ailleurs que sur la terre familiale. Il en retirera possiblement de nouvelles connaissances sur le travail de la terre.

La même année, le 20 avril 1680, Suzanne accouche d’un sixième enfant, Marie. Trois ans plus tard, en 1683, elle accouche d’un nouveau garçon qui meurt onze jours plus tard. Puis, un huitième enfant, Marie Anne, naît en décembre 1684. Ses enfants Michel et Pierre sont entretemps décédés avant d’avoir douze ans, l’un avant le recensement de 1681, l’autre entre 1681 et le recensement de 1685.

Un neuvième et dernier enfant, Charles, est baptisé le 22 avril 1688 à Charlesbourg. Suzanne a alors 44 ans. Puis, Suzanne est hospitalisée à l’Hôtel-Dieu de Québec le 24 mai 1693 et en sort le 30 mai suivant. On lit au registre : « Suzanne rousselin âgée de 35 ans dite la blanche de charlesbourg. » Elle a plutôt 49 ans !

Nouveaux mariages et querelle

Après la tourmente et les nombreuses audiences des années 1680, un événement heureux arrive dans la famille en janvier 1690 alors que le fils aîné Julien, maintenant âgé de 22 ans, se marie à Anne Louise Vanier. La mère de cette dernière est une Fille du Roy arrivée en 1671, Madeleine Bailly, devenue ensuite sage-femme. Le couple s’installe à Saint-Claude, tout près de chez Suzanne et Jacques. Leur premier enfant naît deux ans plus tard.

Il faut ensuite plusieurs années avant que la fille aînée, Françoise, se marie elle aussi à 22 ans, en janvier 1697. Son mari, Pierre Guilbaut, est un veuf de 52 ans, père de quatre enfants dont une, Élisabeth, est probablement décédée. Ce mariage sera de courte durée. Pierre meurt neuf mois plus tard, le 5 octobre 1697, avant que le couple ait eu une descendance. Afin d’éviter un procès entre les héritiers légaux, Françoise consent, le 11 novembre 1697, à renoncer à la succession, moyennant 275 livres, une vache et des hardes. Ces biens iront à son père car elle n’a pas 25 ans et, selon la coutume, elle est redevenue mineure après le décès de son mari.

C’est pendant la même période, le 8 novembre 1697, un mois après le décès de Pierre Guibault, qu’une « chicane » pour le moins singulière éclate entre Suzanne, Françoise et Marguerite Cœur, une voisine de Saint-Claude, épouse de Michel Chrétien. Suzanne et sa fille sont accusées de voies de fait sur la personne de Marguerite. Après une audience devant le bailli de la seigneurie, elles sont condamnées à lui verser chacune 15 livres d’amende « pour l’avoir outrageusement et malicieusement maltraitée ». Qu’a-t-il bien pu se passer entre les trois femmes ? Le motif de la dispute a pu être d’ordre personnel. Y a-t-il eu atteinte à la réputation de quelqu’une ? Il est par ailleurs permis ici de penser que Suzanne et sa fille ont pu avoir un tempérament explosif !

Françoise habitera avec ses père et mère jusqu’à leur mort avant de finalement se remarier à 37 ans en février 1712 avec Pierre Joubert. Le couple aura deux enfants, Jean Charles né le 27 juin 1713, qui décédera le 12 octobre 1714, quelques semaines après la naissance, le 2 septembre 1714, suivie de son décès le lendemain, d’une fille nommée Suzanne !

Fin de vie

Jacques Leblanc est cité en audience une nouvelle et possiblement dernière fois en 1702 par le sieur Pierre Duroy, marchand boucher demeurant à Québec, pour non-paiement de marchandises. Suzanne comparaît encore une fois à sa place. Une entente à l’amiable est peut-être survenue puisqu’aucune sentence n’est mentionnée dans le registre de l’audience. Jusqu’à la fin de leurs vies, les difficultés financières ne seront jamais complètement disparues pour Suzanne et son mari.

Une dernière épreuve personnelle survient l’année suivante, en 1703, alors que Jacques Leblanc fils, vingt-cinq ans, décède à L’Ange-Gardien. Il est le quatrième et dernier enfant que Suzanne et Jacques voient mourir. Il ne laisse aucune descendance.

Contrebalançant cette dernière perte, deux mariages sont ensuite célébrés en 1706 et 1709. Celui d’abord de Marie avec Jean Baptiste Meilleur. Avant le décès prématuré de Marie à l’âge de 31 ans le 10 mars 1711, ils auront deux enfants, Jacques né le 5 août 1707 et Jean Baptiste né le 21 octobre 1709. Celui ensuite de Charles, benjamin de la famille, avec Suzanne Bon Lacombe Lebon. Ils auront neuf enfants, dont sept se marieront.

C’est quelques mois seulement après avoir marié ce dernier fils que Jacques Leblanc décède à Saint-Claude, le 14 avril 1710, vers l’âge de 66 ans. Comme par une sorte de lien inextinguible, Suzanne meurt le 17 avril suivant, soit trois jours plus tard, à l’âge de 66 ans. On peut dire de ce couple qu’ils auront été unis jusqu’à la fin, pour le meilleur et pour le pire. Au moment de leur mort, ils ont déjà une dizaine de petits-enfants. Leurs cinq enfants survivants se partageront leur terre de Saint-Claude de Charlesbourg.

Descendance

Deux ans après le décès de leurs parents, on assiste à deux mariages chez les Leblanc : Françoise, 37 ans, se remarie le 9 février 1712 à Pierre Joubert et Marie Anne Leblanc, 27 ans, se marie à Jacques Pivin le 9 septembre 1712. Elles s’établiront toutes les deux à Charlesbourg et y mourront, Françoise à 66 ans, le 16 novembre 1740, après avoir donné naissance à deux enfants morts en bas âge, et Marie Anne à 59 ans, le 26 avril 1744, après avoir donné naissance à dix enfants, dont trois se marieront.

Les frères Julien et Charles Leblanc quittent eux Charlesbourg pour Montréal vers 1716 avec femmes et enfants, faisant le chemin inverse de leurs parents en 1667. Ils reprennent en quelque sorte leur destinée à cet endroit, avortée par l’acte criminel commis jadis par leur père. Ils s’installent à une demi-lieue l’un de l’autre, presque dos à dos : Julien à la côte de la Visitation, Charles à la côte SaintMichel29 . Julien et son épouse Anne Vanier auront quatorze enfants, dont dix se marieront, Charles et son épouse Suzanne Bon Lacombe Lebon auront neuf enfants, dont sept se marieront. La majorité de leurs nombreux enfants s’établiront ensuite à Sault-au-Récollet et à Pointe-aux-Trembles30 .

Des cinq frères et sœurs survivants à leurs parents, Julien, l’aîné, mourra le dernier le 19 février 1756 à Montréal à 88 ans, un an après son frère Charles, mort à Montréal le 27 janvier 1755, à 66 ans.

Madeleine Leblanc20
Notes for Jacques & Anne-Suzanne (Family)
Ménage établi a Charlesbourg, 9 enfants de cette union3
Last Modified 9 Mar 2024Created 7 Jun 2024 using Reunion for Macintosh
Mis a jour le 07 Juin 2024. Last updated 07 Juin 2024
Familles Guertin et Rondeau