9Engagé le 11 mai 1653 a La Flêche. Arrivé le 16 Novembre 1653. La Grande Recrue 1653
9DENIAU dit DESTAILLIS, Marin, défricheur de la paroisse de Luché près La Flèche, au Maine, s'engageait, le 11 mai 1653 (gr. Lafousse) à faire partie de la recrue pour Villemarie, moyennant un salaire annuel de 75 livres (RHAF II, 72), et il reconnaissait, en rade de St-Nazaire, avoir reçu la somme de 135 livres en avancement de ses gages (Faillon, Hist., II,
541). Il était déjà marié à Marie Hogue, peut-être veuf de cette dernière même. Son contrat de cinq ans expiré, notre homme décide de rester au pays, et le 15 août 1659, il loue la concession de Mathurin Jousset (gr. Basset) à la pointe St-Charles, sans doute en prévision de son mariage, le 24 novembre suivant, à Notre-Dame de Montréal, avec demoiselle Louise Thérèse Le Breuil, orpheline, fille des défunts Jean et Marie Lecomte, de la paroisse de Soujart, diocèse de Dôle, en Bretagne (contrat Basset, 11 novembre 1659, voir pièce 17).
Un mois plus tard, soit le 22 décembre 1659, il
sous-loue la terre de Pointe St-Charles à Elie Beaujean (gr. Basset).
achetait, le 5 avril 1660, pour la somme de 75 livres, les droits de jean Lecomte sur une terre de 4 arpents appartenant aux héritiers de Jean de St-Père (gr. Basset). C'est le 25 août 1662 que Jean Deniau dit Destaillis recoit officiellement sa concession des mains de M. de Maisonneuve; c'est une terre de 30 arpents sise à la prairie St-Pierre, entre la concession de même grandeur appartenant à Madame d'Ailleboust, tenant d'un côté au nommé
La Louaire (Mathurin Jousset qui lui avait louée sa propre terre de la pointe St-Charles en 1659) et d'autre côté aux terres de St-Gabriel (docu-ment sous seing privé, voir pièce 18). Le recensement de 1666 décrit ainsi le couple : "Marin Deniau dit de Sully (sic) 45 ans, habitant, Louise marie therese dubreuil, 30, sa femme, Jacques deniau 6, fils, et Charles deniau 2, fils" (RAPQ 1935-36, 116). Deniau et son épouse reconnaissent une obligation au montant de 75 livres tournois pour du blé-froment qu'ils ont acheté d'Antoine Primot, et le major Zacharie Dupuis endosse cette dette le 27 février 1667 (gr. Basset, voir pièce 19).
C'est entre cette année
1667 et 1670 que les époux Deniau délaissent leur terre de pointe St-Char-les pour la prairie St-Lambert, et à cette fin, ils vendent leur propriété à Jean Ducrau le 2 novembre 1670. La vente se fait pour la somme de mille livres, et l'acte précise qu'il y a environ
"deux journées labourables à la
charrue, six arpents labourables à la pioche, six autres arpents en abatis, et le reste est complanté en grand bois" (gr. Basset). Le 11 décembre 1672, les Jésuites lui concédaient 60 arpents de terre "à la prairie de la Madeleine, sur le fleuve St-Laurent vers la côte St-Lambert, ayant pour voisins Jean Maignan du côté nord, et Jean Inard du côté sud, (acte sous seing privé, déposé en l'étude d'Adhémar le 29 mai 1698, voir pièce 20). Nous ignoront la date du décès de Marin Deniau dont le nom n'est pas mentionné au rôle des habitants de Villemarie en 1673. Sa veuve, remariée à Charles Boyer à Laprairie, le 29 octobre 1678 (cf accord gr. Adhémar, 24 février
1695), lui a survécu plusieurs années, n'ayant été inhumée que le 23 mars
1727, à Montréal. Marin Deniau est l'ancêtre direct de Mgr Pierre Deneau, dixième évêque de Québec, et de toutes les familles Deneault actuelles, dont mon collègue Jean-Raymond Deneault, de la Société Généalogique Cana-dienne-Française, qui m'a communiqué copie des pièces citées ici, sur son ancêtre, et que je remercie beaucoup.
38,11Fille a Marier. Arrivée a Montreal le 29 septembre 1659
11Le Breuil (et Dubreuil) Louise-Thérèse (elle signe), née en 1631 ou 1636 (recens. 1666 et 1 667) , fut une des jeunes filles amenées par Jeanne Mance pour fonder des familles à Montréal. Fille de défunts Jean Lebreuil et Marie Lecomte, de Sougéal (Ille-et-Vilaine) près de St-Malo, elle passa un contrat de mariage 67 par-devant Basset le 3 octobre 1659 avec Sylvestre Vacher dit St-Julien, charpentier, qui avait reçu une concession à Montréal le 10 mai précédent (BRH, 1927, p. 231). Le mariage n’eut pas lieu et pour cause, car, porte le registre des sépultures de Montréal: « Le 26 octobre (1659) a esté enterré Sylvestre Vacher dit St-Julien âgé d’environ 37 ans tué par les Iroquois vers le lac aux Loutres ». Quinze jours plus tard, le 11 novembre, la belle passait un nouveau contrat de mariage (gr. Basset) avec Marin Daniau dit Sully, veuf de Marie Hogu, de Luché au diocèse du Mans, âgé de 38 ans. Le mariage fut célébré à Montréal le 24 novembre suivant. Devenue veuve, Louise Lebreuil 'convola en secondes noces à Laprairie le 29 octobre 1673 avec Charles Boyer, veuf de Marguerite Tenard, fils de Pierre et de Denise Refenelle, du bourg de Vasles (Deux-Sèvres) au diocèse de Poitiers 68. Il existe un accord et partage passé par-devant Adhémar, le 23 juillet 1700, entre Charles Boyer et Louise Dubreuil, sa femme, et leurs enfants. Du mariage Deniau-Lebreuil étaient nés sept enfants.